les voyages de Mervilondres

Récits

Un théâtre aujourd’hui déserté suite à l’épidémie de covid 19 peut aussi servir de refuge. Chacun « chez soi » « rester « chez soi » mais cela est difficile quand certains n’ont pas un « chez soi ».

Certains ont obtenu un titre de séjour mais sans travail et avec peu de revenu, l’accès au logement est difficile. D’autres ne possèdent pas de titre de séjours et doivent vivre dans des colocations ou dans des squats. La stratégie du confinement que les européens ont découvert après les chinois est une mesure violente non seulement car elle vient restreindre les libertés individuelles mais aussi car elle expose tout ceux qui se trouvent en situation précaire.

Pourtant certains lieux urbains ne possèdent plus d’utilité comme les bureaux, les cinémas, les gymnases, les théâtres. Certains sont des lieux appartenant à des propriétaires privées, d’autre appartienne à des collectivités territoriales ou à l’Etat.

Est ce qu’il n’aurait pas été possible d’ouvrir ces lieux et de placer à l’abri ceux qui n’ont pas lieu où se confiner ?

Le voyage de Mervilondres s’est arrêté temporairement en raison d’une épidémie qui touche le monde entier mais pas la réinvention de la propriété.

Déplaçons nous dans les alpes de Hautes provence près de Gap. La nuit tombe et l’orage se rapproche et deux voyageurs marchent en direction du château appartenant au comte de Théus. Ils sont bientôt arrivés et peuvent espérer rejoindre leur destination avant la nuit. Néanmoins la pluie fracassante s’abat sur leur tête et une maison isolée dans la forêt leur donne l’espoir d’un abri et d’un peu de repos.

Qui habitait cette maison et où sont passés les habitants qui n’ont laissé que leur portrait sur les murs ? Hanté, probablement mais pas de récit dramatique comme la mort venue faucher les maitres de maisons en leur demeure. Simplement un départ précipité et des affaires laissées. Pour nos deux voyageurs, l’occasion de s’y poser, de trouver dans la cave une bouteille de vin, de se réchauffer avec du vin chaud et d’attendre que la pluie passe.

Ne pas y rester telle est la question. Nos deux voyageurs sont passés de quarantaine en quarantaine où des soldats les ont arrêtés pour éviter une contamination.

Le microbe, organisme vivant, ne connaît pas les barrages et les frontières. Il se transmet par l’eau stagnante, l’eau sale. C’est le choléra. La meilleure manière d’y échapper est de boire du thé ou du vin chaud et ne pas s’immobiliser.

Les deux voyageurs l’ont compris et ils ont repris leur route malgré les barrages, échappant aux enfermements et échappant à la psychose collective d’un pays, la France de 1846 qui se fige.

Mais après avoir fuit un de nos voyageurs est fatiguée et souhaite rester dans cette maison inconnue. Le confort du refuge trouvé ou retrouvée ?

Est ce vraiment une si mauvaise idée?

Le lecteur commentera ses lignes et les éditions précédentes de la manière suivante: « Au fond le mécanisme est toujours le même. L’acquisition d’un lieu pour en faire un lieu accueillant. »

 Toutefois il existe plusieurs manières de s’emparer d’un lieu et de le transformer pour en faire un lieu accueillant.  A Montbard c’est une propriété familiale qui est devenu un lieu de formation, auto suffisant et un lieu de vie.   Dans une ancienne ferme, un peu éloigné de la ville industrielle et ouvrière de Montbard, sur les hauteurs alors que la petite ville se situe dans le creux d’une vallée,  vit un personnage qui  entretien ce lieu et forme et a crée différentes coopératives dans le secteur du bâtiment.  Dans cette propriété familiale chacun est libre de ses activitées et tous se retrouvent au moment du repas du midi et du repas du soir.  Cette propriété où la grille est toujours ouverte autorise l’entrée et la conversation instructive.  Ce n’est pas un lieu où l’étranger a besoin d’une autorisation. Un lieu qui pose le passé, le fait vivre et prépare l’avenir avec l’autre.

Collectif et autonomie des individus. Habiter un lieu  se fait de manière individuelle et collective. Chacun d’entre nous avons besoin de créer et de se consacrer à une activité. Ecrire, peindre, faire du théâtre, créer un objet, se promener, rester contemplatif et en même temps être avec les autres, partager des moments de joies, d’échanges, de confrontation, se sentir dans et à l’environnement où il habite. Sentir que chaque jour l’environnement a été amélioré par son action. Quand la personne n’a pas la possibilité de faire ce qu’il ressent (écrire, promenade, contemplation, théâtre) alors l’environnement collectif se trouve dégradé. C’est parce que chacun se trouve concentré à sa tâche que le plaisir du collectif  devient nécessité et devient un plaisir. Ce n’est qu’une opinion personnelle mais je crois que les espaces de coworking qui se développent partout dans les grandes villes ne représentent pas toujours une bonne solution. Le besoin d’échanger sur son travail vient dès lors que l’on a une matière. Or la confrontation est inutile et perturbatrice si la matière n’est pas encore forgée. Ainsi les villes, villages, habitants devraient insister davantage sur la création de lieu qui permettent à chacun de trouver son métier, son art, de produire et ensuite de le confronter.  Il y a un temps pour l’échange et un temps pour la pensée de son oeuvre.

Cergy, ancien village devenu une ville de 63 820 habitants, le quartier du village possède des anciennes fermes agricoles. Ces fermes ne sont plus en fonction et sont susceptible d’être racheté par des personnes n’exerçant plus la profession d’agriculteurs. Potentiellement elles peuvent être rachetés pour être divisés en logements. Néanmoins cette transformation peut poser des difficultés si les occupants sont plusieurs familles ou si une partie de la ferme est loué.  Ces difficultés sont de différentes nature. La circulation peut être affectée si chaque famille occupant du logement possède une automobile. L’environnement d’un quartier peut être transformé en créant une densité plus importante.  Cette densité retrouvé peut être aussi un atout car elle peut avoir des effets positif sur l’économie locale et amené une offre de services  supplémentaire. Que souhaite t’on un lieu abandonnée ou un lieu renaissant ? Le rachat d’anciennes fermes agricole peut aussi poser des problèmes sanitaires si par exemple le bâtiment est racheté par des personnes qui le loue rapidement sans tenir compte de la réglementation sur le logement décent.

La ville de Cergy réfléchit à un mécanisme d’autorisation administrative de la division de propriété.

En Suisse près de Porteous un bâtiment industriel est occupé depuis le 21 août 2018 par un collectif qui propose un lieu alternatif aux projets des autorités suisses de transformer ce lieu en centre d’incarcération. Leur objectif était de créer un lieu ouvert à tous et différent des lieux commerciaux. Les associations et les citoyens engagés dans le projet constataient un manque d’espace d’expression et d’expérimentation dans le Canton.  Le lieu comporte différentes salles, salles pluridisciplinaires, ateliers collectifs, salles multisports, buvettes, mur d’escalade, skate park, cabane perchée destinée à être transformée en médiathèque.

Ce lieu a plutôt vocation à être un lieu de vie en journée mais peut-on y passer la nuit comme le demande K au début du Château de Kafka?

«  Il faut avoir une autorisation, lui fut-il répondu, et le jeune homme, étendant le bras, demanda comme pour rallier K à l’aubergiste et aux clients :

A moins qu’on ne puisse s’en passer ?

Eh bien, j’irais en chercher une, dit K,  en baillant, et il rejeta la couverture pour se lever »

Il est des villes abandonnées qui sont liées au fait que la raison d’y habiter disparait. C’est le cas de Détroit aux États-Unis ou l’effondrement de l’industrie automobile a provoqué le départ de ses habitants ou encore de Ordos en Chine, ville qui fut construite grâce aux bénéfices florissant de l’économie du charbon et qui lorsque le gouvernement chinois décida d’arrêter son exploitation arrêta l’expansion de cette ville donnant naissance à de véritables quartiers fantômes de bétons.

Il est aussi des villes ou des villages où la raison d’habiter à disparu mais où progressivement des personnes ont décidé de s’y réinstaller donnant une nouvelle raison d’être à la ville. C’est le cas dans un petit village situé dans la campagne Bourguignonne où sur une parcelle un petit groupe d’habitant a investi un lieu appelé le jardin Jolivet. Ce lieu est constitué d’un terrain et d’une maison centrale qui sert d’espace commun aux habitants. Certains y vivent toutes l’année d’autres viennent en visiteurs pour quelques mois. Les habitants, qui vivent au Jardin Jolivet à l’année, organisent quatre périodes de visite de 10 jours au cours de l’année. Ils s’ouvrent aujourd’hui à des visites d’un mois de personne ayant l’expérience de la vie collective et l’envie de contribuer au projet. Il y a aussi plusieurs jours de portes ouvertes au printemps et à l’automne ainsi qu’un festival de 4 jours en Juin, entièrement basé sur l’économie du don et toujours sans drogues, tabac ni alcool. Chaque habitant possède sa sphère d’intimité qui peut être une caravane, une maison en bois ou une yourte disséminé dans un endroit du terrain ou un autre type d’habitat légers. Les animaux sauvages possèdent également un endroit qui leur est réservé où l’Homme peut venir les observer sans faire de bruit. Dans ce lieu les habitants s’organisent chaque jours pour les activités communes, le potager, la cuisine, les travaux de la maison et peuvent aussi prendre des moments à eux pour travailler, lire, écrire. Dans ce lieu les habitants cherchent à s’écouter et à trouver un équilibre entre l’effort collectif et le temps personnel. Une réunion est organisé tous les 2, 3 jours principalement de ressenti pour soigner les relations collectives.

ruine à Cronat

À Noter :

Ici la maison n’appartient pas à un personne physique mais à une association. La création de ce lieu a été rendu possible grâce à l’acquisition de la maison par cinq personnes qui ont mis la maison au nom d’une association, Vert Terre crée à cette occasion. Les fondatrices de l’association étant parties ce sont de nouveaux habitants qui habitent la maison et l’entretiennent. Les nouveaux habitants remboursent les premiers acquéreurs en versant 5000 euros au capital de l’association. Les habitants du jardin jolivet se partagent les frais quotidien de la maison (alimentation, électricité)

C’est à Saint-Ouen, au nord de Paris et au Sud de la banlieue Nord., que mon parcours me conduit. Depuis quelques années Paris est devenue une ville où il est de plus en plus difficile de se loger. L’augmentation du prix de l’immobilier a donné lieu à plusieurs phénomènes. Ceux qui sont propriétaires ont acquis la conscience de bénéficier d’un bien rare et tendent soit à l’exploiter au maximum, soit à le préserver en l’habitant. L’exploitation de l’immobilier se fait autrement. La location d’appartements meublés de courte ou de longue durée est devenue de plus en plus fréquente dans la capitale. Arrivé à Paris, depuis mon escale à La Roche-Guyon, j’ai eu le plus grand mal à m’y loger. J’ai donc cherché dans les communes environnantes où je connaissais des personnes,à Saint-Ouen-sur-Seine en Seine-Saint-Denis, un lieu afin d’y loger. Je me suis rendu dans une maison cohabitée par des artistes. Dans cette maison, les propriétaires ont accepté de partager leur maison avec un collectif de jeunes femmes artistes. Ces artistes vivent et travaillent ensemble dans un atelier qu’elles partagent dans une moitié de maison qui appartient à deux personnes copropriétaires du lieu. Le vendredi 13 septembre et tout le week-end du 14 et 15 septembre 2019 elles ont réalisé une opération portes-ouvertes de leur atelier témoignant de la vie collective et de la dynamique qui s’est mise en place. Les oeuvres présentées interrogeaient sur le mouvement, la transformation de la matière lié au changement d’environnement ou par le travail de l’Homme sur l’objet. La qualité de leur travail montre qu’une habitation peut offrir un abri mais aussi un lieu de dialogue entre ses habitants qui nourrissent leur travail individuel. La maison abrite plusieurs pensées qui s’inspirent mutuellement, tout en respectant le cheminement individuel de chacune des artistes. L’habitation du pavillon est respectueuse des modes de vie de ses habitantes et ouvre une possibilité d’échange.Cette jolie cohabitation montre que l’utilisation d’un lieu appartenant à une personne physique peut se réinventer par l’intégration d’autres habitants qui deviendront des cohabitants de la maison. Sans être vendue ou louée la maison peut ainsi être partagée et permettre aux propriétaires de voir un espace de la maison occupée et habitée. Permise grâce à l’accord des propriétaires de la maison, cette manière de vivre la propriété nous montre une nouvelle manière de vivre un lieu. Malheureusement dans la même ville j’ai appris que le maire de Saint-Ouen, William Delannoy, a décidé d’expulser l’association Main d’oeuvres des locaux qu’elle occupait au 1 rue Charles Garnier,dans les anciens locaux de la société VALEO

Quand on laisse une maison vide quelques mois, il est possible de la protéger des vols, squats et dégradations naturelles à distance. La méthode la plus courante :installer une alarme. Une autre solution existe : maintenir un lieu habité.Que serait devenue Boucle d’Or si la maison de la famille Ours était habitée par une famille paisible et chaleureuse ? Boucle d’or serait-elle partie en courant si elle avait rencontré des ours accueillants ? L’an dernier je me suis retrouvé perdu dans une forêt en pleine Bourgogne. Pris par le froid automnale, je me suis mis en quête d’une maison accueillante. Ma recherche m’a conduit en Vendée. A la Roche-sur-Yon, j’ai découvert une maison habitée et appartenant Céline. Propriétaire, elle ne voulait pas se séparer de sa maison en la vendant, et souhaitait revenir l’habiter dans trois ans. Elle n’arrivait pas non plus à la louer. Or, elle souhaitait que la maison où elle a vécut des jours heureux puissent continuer à vivre en son absence. Comment cette propriétaire a t’elle pu conserver sa maison en la quittant sans la louer, la vendre ou l’abandonner ? »

Fondements

La logique centralisatrice dans la répartition des places d’hébergements vise à assurer la possibilité pour tout ceux qui sont à la recherche d’un abri de pouvoir en trouver un.  Cette logique se traduit par une ligne téléphonique unique permettant de centraliser les demandes d’hébergement. Toutefois ce numéro est  saturés et ceux qui recherchent une place n’en trouvent souvent pas ou se désespèrent avant d’avoir eu une personne au téléphone. La ville hospitalière pourrait s’imaginer de manière plus souple et de façon plus décentralisé en prévoyant une  construction de la ville qui soit créatrice de refuge urbain et qui facilite leurs identifications par ceux qui sont dans le besoin.

Permettre une agilité dans la création du refuge urbain

 Il serait intéressant d’inventer une fabrique de la ville contemporaine qui permette de créer des lieux d’accueil dans la ville quand cette dernière se vide pendant les périodes de vacances (mois d’août) une mesure de quarantaine lié à une épidémie ou la nuit qui voit les bureaux et les centres commerciaux se vider.  Cette fabrique doit permettre d’intégrer les initiatives hospitalières des habitants des villes comme le fait de laisser une chambre pour l’étranger au même titre qu’existait à une époque une «assiette du pauvre » posé sur la table pour celui sans ressource qui pouvait s’inviter à un repas.  Ainsi la ville prévoit des espaces destinés à accueillir les personnes sans logements et pourrait augmenter cette offre en utilisant  certains lieux laissés vides en raisons de circonstances exceptionnelle, naturelle ou pour des motifs de calendrier.  Une fois ces espaces crées se pose une nouvelle question, celle de l’identification.

Identifier les espaces refuges

Le numérique et un système de cartographie physique présent dans les villes pourraient identifier les abris possibles pour les sans abris ? Ce dispositif serait mis en place par l’Etat et garantirait une autonomie pour ceux qui recherchent un abri.  L’Etat jouerait ainsi un rôle d’information sur les lieux d’accueil disponible.  Cette information pourrait se faire toujours avec un numéro de téléphone mais aussi d’une manière nouvelle. En effet,  on pourrait imaginer  un site internet et une carte dans la ville indiquant les lieux où ceux qui se trouvent dans la rue sans logement pourraient se rendre pour y passer une ou plusieurs nuits.

En conclusion, la mis à l’abri implique de penser  l’augmentation des espaces refuges et la possibilité de les augmenter de manière rapide en cas de crise sanitaire ou météorologique mais aussi de réfléchir à une meilleure information sur les lieux refuges.

L’arrivé dans  la maison donne un sentiment d’appropriation mais c’est parfois ce sentiment qui est mauvais et empêche d’avancer plus loin, plus fort. Vouloir retrouver le confort pour s’endormir. La crise permet de toujours avancer sans se reposer.  L’Homme est fait pour avancer et non pour stationner en allant de projet en projet.  Cela étant cela vaut pour une France du XIX éme siècle où une grande population ne se déplace pas  et où les règles d’hygiènes restent méconnues en raison des faibles moyens de transports et la lenteur de la diffusion des connaissances. Les maladies peuvent avertir sur une situation de sédentarité trop importante. Encore aujourd’hui la sédentarité est responsable de maladies chroniques comme le diabète ou des maladies cardiovasculaires.

Néanmoins la maladie peut venir aussi de la situation inverse, un monde hyper connecté en mouvement avec des paradoxes. Le XXI éme siècle a crée un monde sans cesse en mouvement et hyper sédentaire.  Ce mouvement planétaire lié aux tourismes et au commerce international possède sa part de responsabilité dans le réchauffement climatique et dans la consommation d’énergies fossiles ou nucléaire.  Doit on arrêter la mondialisation et rester dans sa ville, dans son village en faisant du sport «  local » pour ne pas être immobile et limiter les risques liés à l’immobilité? Ce fut le projet des villes nouvelles dans les années 60 en France mais des villes non véritablement choisies.  Créer une ville où travailler, se détendre, faire du sport à proximité. Une ville où passer l’année sans avoir besoin de partir.  Dans ces villes, le risque n’est il pas de récréer les conditions du cloisonnement ?

Une troisième voie pourrait être celle de créer à partir du bâti existant des espaces de vie. Un projet là où se trouve déjà un bâti et faire en sorte que ce projet accueille une première équipe, puis une autre .. La ville se regenèrant non pas par la production de nouveaux bâtiments mais par la circulation des Hommes à travers les espaces.  

Décider de laisser le bâti libre et laisser les Hommes l’occuper temporairement, l’entretenir et partir sans transmissions, sans spéculation. Quelques chose de nouveaux rendus possible par une crise qui aura mis la lumière sur la fragilité d’un modèle économique et l’essence du réel.

Photo du lazaret de Venise

D’une propriété familiale à un propriété collective.  Garder une propriété familiale et en faire un lieu collectif. Pas si simple. S’il s’agit d’un héritage et qu’il ya des frères et soeurs, l’héritier devrait surmonter l’obstacle de l’indivision. Comment faire en sorte que l’indivision ne détruise pas un lieu et conduisent faute de solution à l’abandon? En Martinique, le problème de l’indivision et l’absence de cadastre jusqu’à une époque récente a amené des occupations temporaires illégales dans certaines habitations et des abandons de maison.

 D’ou vient le terme indivision et indécision. Les deux mots possèdent la même racine .. Ils commencent par -in. Que signifie in? Le in vient intégrer l’idée d’intérieur.  Une indivision c’est une chose qui n’est pas séparé et une indécision c’est plusieurs idées qui ne parviennent pas à se séparer et à se dissocier. Rester dans l’indécision et dans l’indivision c’est donc ne pas décider pour ne pas séparer. A l’inverse la décision, la division implique un choix et une séparation.

Dans le film l’état sauvage de David Perrault  qui se déroule dans le contexte de la guerre de sécession ( une guerre de division, de choix) aux Etats Unis entre le nord ( non esclavagiste) et le sud ( esclavagiste), une famille française fuit la guerre.  Rester unie dans la fuite et accepter les non dit et les malaises de la famille ou accepter la séparation pour vivre.Leur fuite constitue le meilleur de ce qui a pu leur arriver et l’épanouissement pour la mère et ses filles se fait grâce à la séparation d’avec le père. 

 Dépasser le cadre familiale d’une habitation  peut se faire en inventant de nouveaux plans d’une maison et en imaginant une maison réalisé différemment. Quand un promoteur construit une maison il l’imagine sous une vision classique, la chambre des parents, la cuisine, la ou les chambres des enfants, la salle de bain si bien qu’une propriété familiale devient inadaptée quand la famille se réduit. Toutefois une maison n’est elle faite que pour une propriété familiale?  Une collectivité territoriale, l’Etat ou une association ne peut elle pas aider les propriétaires à rester dans leur maison tout en imaginant une vie autre que familiale. L’idée n’est pas de créer un espace de coworking ou une colocation mais d’imaginer pendant la vie de la personne une survivance et une sorte de transcendance de l’habitation.

Le droit de propriété autorise le propriétaire à diviser son bien sous réserve du respect de règles spécial d’ordre public.  Une ville peut elle limiter l’exercice du droit de propriété ? La limitation du droit de propriété représente t’elle l’unique solution  pour Cergy ?  Réinvestir les anciens corps de fermes pour en faire du logement permet d’habiter l’existant mais laisser le bâtiment libre, inoccupé peut garder la mémoire d’une ville. Laisser la végétation reprendre possession du lieu. Une ville peut elle sortir un immeuble du marché de l’immobilier pour empêcher son appropriation privé et conserver la mémoire d’une ville. Ainsi sans autoriser la division d’un immeuble, la ville contrôle le processus de réinvestissement. Deux voies pourraient être explorées, l’appel à projet (Proposer une acquisition à un prix modique en échange d’une proposition de projet ou interdire le rachat de l’immeuble et indemniser le propriétaire du bien. Une sorte d’expropriation du propriétaire sans réalisation d’un projet). Le sociologue Je an VIARD propose de densifier l’Ile de France et d’interdire la construction de nouvelle zone pavillonnaire dans le périurbain. Deux choix s’imposent, soit Habiter la ville dense, soit habiter l’existant en campagne. La proposition de Jean VIARD montre que le projet des villes nouvelles organisée était complètement d’actualité pour organiser l’urbanisme et éviter un développement déstructuré de l’Habitat.

Comment se construit un projet ?  Un projet peut se penser avant l’arrivée dans un lieu mais il  peut naître également avec les interactions du lieu, le ressenti sur le terrain et les échanges avec les habitants. Dans le domaine du logement, les promoteurs  immobiliers sont habitués à définir un projet dans leur bureau qui n’est pas toujours dans la ville du projet. Parfois des visites sur le terrain suffisent à définir un projet satisfaisant théoriquement mais aussi concrètement. Ajoutons que cela peut être intéressant d’exporter hors de son lieu d’origine  une idée et de l’importer sur un autre territoire.  La statue de la liberté du sculpteur Bartholdi a été construite en France avant d’être offerte aux Etats-Unis.  En effet, c’est lors d’un voyage à New York que l’idée d’y ériger un monument a émergé dans l’esprit de l’artiste. C’est néanmoins à Paris que le chantier se déroule dans des ateliers situés près du parc Monceau avant de quitter Rouen à bord du

bateau qui doit l’amener aux Etats-Unis le 21 mai 1885.  La sculpture  aujourd’hui se trouve exposée à New York mais  possède une de ses répliques sur l’ile aux Cygnes à Paris. 

L’appropriation du concept par les habitants permettra de compléter le projet.  Les urbanistes de la ville nouvelle de Cergy-Pontoise ont décidé de s’installer sur place, là où Cergy n’était encore qu’un village. Ils ont à l’époque choisi de faire naitre leur projet sur place en installant un atelier provisoire et en étudiant le terrain. Cette décision venait contre balancer, conformément à la théorie constitutionnelle  des poids et contrepoids (checks and balances), la décision unilatérale de construire cinq villes nouvelles tout autour de Paris.  Ainsi en s’installant directement sur place les urbanistes de la future ville nouvelle de Cergy-Pontoise ont laissé l’environnement et les habitants inspirer leur projet.

C’est dans cette idée que s’inscrit le projet d’étude appelé Terrain vague qu’a présenté l’artiste Alexandre Poisson qui propose de travailler sur une pièce de manière in situ littéralement  dans une situation.

«  Ces espaces temporairement vacants retrouvent  dans leur mise à  nu une dimension prospective. Ils maillent le tissus de la ville de leurs trous à géométrie variable. Au travers de ce projet j’envisage que ces lieux puissent à la fois être des socles et des plateaux permettant la projection vers un ailleurs.  Coincé entre un imparfait qui a motivé leur apparition et un futur qui les remplacera implacablement »

Au lieu de devenir individuellement propriétaire d’une maison, pourquoi ne pas devenir propriétaire d’une maison en commun. N’est ce pas une manière d’associer économie et écologie? Le mot écologie vient du grec oikos qui signifie maison. Le mot écologie a été crée par Haeckel. Il réunit l’ensemble des sciences qui étudient l’ensemble des êtres vivants en particulier l’homme en fonction de son milieu naturel ainsi que les rapports qui s’établissent entre les êtres vivants et le milieu. Dans le mot économie on retrouve le grec oikos et oikonomia en grec et oeconomia en latin signifie l’art de gérer sa maison. L’écologie constitue une attention, une ouverture à ce qui constitue un milieu et l’économie c’est la gestion de ce milieu. En se réunissant dans un lieu les habitants du jardin jolivet adoptent une attitude consciente et observatrice d’un environnement et tendent à gérer cet environnement comme une maison avec économie. L’autre nom de ce collectif est eotopia dont l’objectif est de promouvoir une autre façon de vivre dirigé vers la recherche et la création d’une culture nouvelle et cohérente avec les enjeux sociaux et environnementaux d’aujourd’hui. Il mettent ainsi en oeuvre l’idée d’une propriété en commun où aucune personne physique ne possède individuellement mais où chacun trouve son équilibre et son épanouissement dans un collectif.

La cohabitation est un processus que l’on peut qualifier d’alternatif par rapport à l’habitat individuel dans un appartement ou dans une maison. Il peut se formaliser juridiquement comme un contrat de sous-location mais il peut ne pas donner lieu à un contrat écrit et se présenter comme un accord tacite entre les occupants d’un même lieu. Cohabiter n’est-il pas une figure d’hospitalité qui permet au propriétaire d’une maison de continuer à l’habiter et de partager son espace avec un cohabitant ? L’espace public est cohabité, que ce soit une rue ou un espace rural, mais dès lors que l’espace devient privatif, l’étranger à cette espace a besoin d’une autorisation pour y pénétrer. Devenons nous comme des vampires interdits d’entrée dans l’espace privé? Sur l’espace privé ne pourrait-on pas définir une possibilité de cohabitation? Est-ce au législateur de l’autoriser ou à la pratique humaine de le réaliser?

Pour le Professeur Duguit la propriété se définit comme « situation de droit objectif,une situation légale, c’est à dire une situation dont l’étendue et le droit sont déterminés par le droit objectif, une situation d’ordre générale et permanent , une situation qui implique un ensemble d’impératifs positifs et négatifs pour celui qui détient la chose à titre de propriétaire « . Celui qui détient une chose n’aurait pas seulement un pouvoir ou des droits mais aussi le devoir d’en faire un usage de son bien conforme à l’intérêt de la société. Si on va plus loin celui qui détient une chose dispose dupouvoir de rendre la société plus juste. La propriété peut donc signifier autre chose que l’appropriation exclusive et peut bénéficier à l’ensemble d’une société. Par exemple, l’intérêt de la société peut se trouver dans le fait que la maison n’est pas abandonnée et que le propriétaire fait vivre sa maison en l’habitant, en l’utilisant comme lieu de travail ou en mettant sa maison sur le marché locatif. En Intégrant une fonction la maison vit ou permet à un marché de fonctionner. Le propriétaire peut aussi décider d’habiter sa maison d’une autre manière en l’ouvrant aux personnes extérieures donnant ainsi une fonction inclusive à son habitat. En domiciliant une personne , le propriétaire permet à un membre de la société de bénéficier d’une adresse.De même l’organisation d’une ocupation temporaire légale sous par le propriétaire lui permet de réduire le nombre de personnes à la rue contribuant ainsi à rendre la société plus solidaire.

Boîte à outils

La notion de quarantaine vient de Venise, une des premières villes de commerces internationales qui a connut les premières épidémies. Venise crée des lazarets en 1423 pour confiner les voyageurs entrant dans la citée et éviter de propager des maladies. La ville de Gènes reprendra cette pratique ainsi que le port de Gènes. L’idée de quarantaine.

vient d’une pratique non scientifique mais plutôt historique. Selon Hippocrate on ne peut être malade quarante jours sinon cela devient une maladie chronique.

Le chiffre 40 est aussi un chiffre symbolique. En effet, le déluge dans l’ancien testament dure quarante jours et quarante nuits. Le déluge a été une opération divine de nettoyage de la terre et juste avant Noé dut préserver sa famille ainsi que les animaux de la création.

Le déluge est une métaphore dans la bible exprimant la volonté et le souffle de Dieu.Une maladie invisible ne se voit pas pour les bien portants mais est présente comme une image divine.

« Il fit soufflier un vent sur la terre  » Extrait du Livre de la Genése Chapitre 8 verset 1

Un lieu, une cabane solitaire pour créer et transformer son projet. Un laboratoire pour chacun.

La maison ce n’est pas uniquement la famille.  La maison peut représenter une entreprise ou un lieu de travail, de recherche. Les pièces de la maison ne sont pas figées.

Elles évoluent avec le temps et le besoin de ses habitants.

 A lire l’ouvrage de Jean Viard Le sacre de la terre aux éditions Gallimard et le rapprocher de la conférence de Georgio Agamben à l’Institut Culturel italien sur la disparition du monde paysan.

Le sociologue Jean Viard le confirme pour le territoire français. La France est passé de  deux millions de fermes à 250 000 fermes.  Un effort de formation pour réapprendre à entretenir les habitations, la terre mais aussi la santé humaine est à réaliser.

Cette occupation temporaire à l’initiative d’un collectif porte atteinte au droit de propriété mais permet de construire un rapport de force avec les autorités locales.

Le droit de propriété est protégé en Suisse à l’article 26 de la constitution fédérale et par l’article 641 du code civil.

L’introduction d’un rapport de force induit par une occupation temporaire illicite conduit à un processus de régularisation de l’occupation en installant progressivement un projet sur un lieu.  Le projet peut aussi naître avec l’occupation d’un lieu sans préexister à son installation.

Louer, sous -louer, co-louer mais aussi cohabiter. Le terme de cohabitation est découvert au ministère du logement et devient une forme d’habitat crédible. La cohabitation est définie juridiquement comme l’état de deux ou de plusieurs personnes habitant ensemble. Juridiquement la cohabitation est un devoir pour les époux et pour les personnes liées par un pacte civil de solidarité. Toutefois cela peut être un choix libre et librement défini par deux ou plusieurs personnes. La notion de cohabitation était peu présente dans les textes relatifs au logement et elle a été progressivement introduite. Elle se trouve à l’article L 631-17 du code de la construction et de l’habitation qui définit le contrat de cohabitation intergénérationnelle. Le terme de cohabitation constitue simplement un intitulé du contrat mais le régime juridique utilisé pour la mise à disposition de son logement est celui de la location ou de la sous-location. On retrouve également l’idée de cohabitation à l’article L118-01 du code de l’action sociale et des familles qui définit également le contrat de cohabitation intergénérationnelle. L’idée de cohabitation se retrouve également dans le code de la défense mais elle est exprimée de manière négative. En effet, le code pose à l’article R 2213-14 les conditions de la réquisition en totalité de l’usage d’un local d’habitation uniquement si un intérêt national l’exige et si la cohabitation avec l’affectataire s’avère impossible ou nuisible.

J’ai appris que le droit permet au propriétaire de déléguer la gestion de son bien à une association. La maison est ensuite sous louée à des personnes ayant des difficultés à trouver un logement. Le dispositif de sous location est autorisée par la loi du 6 juillet 1989.

À partager

A la recherche du patrimoine abandonne

En cette période de confinement pour une durée indéterminée, la lecture du Hussard sur le toit de Jean Giono ect conseillée mais aussi la vision du film de Jean Paul Rappeneau.

Affiche du film le Hussard Sur le Toit de Jean Paul RAPPENEAU

Un exemple de confinement bien moins agréable se trouve dans le dernier métro de François Truffaut.

Affiche du Film le Dernier métro de François Truffaut

Pour plus d’informations sur le collectif de Porteous:

Il est regrettable que la ville de Besançon ne se soit pas inspiré du concept de l’occupation temporaire pour donner un avenir à l’ancien site industriel de la rhodiacéta.  Le sité était devenu un lieu d’exploration urbaine dangereux mais créateur et la ville a préféré penser unilatéralement un espace de sport et de loisirs à cette endroit.

Au lieu de devenir individuellement propriétaire d’une maison, pourquoi ne pas devenir propriétaire d’une maison en commun. N’est ce pas une manière d’associer économie et écologie? Le mot écologie vient du grec oikos qui signifie maison. Le mot écologie a été crée par Haeckel. Il réunit l’ensemble des sciences qui étudient l’ensemble des êtres vivants en particulier l’homme en fonction de son milieu naturel ainsi que les rapports qui s’établissent entre les êtres vivants et le milieu. Dans le mot économie on retrouve le grec oikos et oikonomia en grec et oeconomia en latin signifie l’art de gérer sa maison. L’écologie constitue une attention, une ouverture à ce qui constitue un milieu et l’économie c’est la gestion de ce milieu. En se réunissant dans un lieu les habitants du jardin jolivet adoptent une attitude consciente et observatrice d’un environnement et tendent à gérer cet environnement comme une maison avec économie. L’autre nom de ce collectif est eotopia dont l’objectif est de promouvoir une autre façon de vivre dirigé vers la recherche et la création d’une culture nouvelle et cohérente avec les enjeux sociaux et environnementaux d’aujourd’hui. Il mettent ainsi en oeuvre l’idée d’une propriété en commun où aucune personne physique ne possède individuellement mais où chacun trouve son équilibre et son épanouissement dans un collectif.

Le ministère de l’intérieur a lancé un appel à projet pour mettre en place des cohabitations solidaires avec des personnes ayant le statut de réfugiés. Rappelons également que l’association SINGA fait le lien entre des réfugiés et des personnes désireuses de cohabiter avec des personnes réfugiés. Retrouvez toutes les informations concernant ce programme sur le site suivant: https://www.jaccueille.fr/ Le Ministère de l’intérieur a lancé un appel projets pour mettre en place des cohabitations solidaires avec des personnes réfugiés. A Gap, la ville et l’association SOLIHA ont mis en place un programme de cohabitation solidaire depuis le mois de Mai 2019. A Anvers en Belgique la ville a mis en place un programme de cohabitation solidaire entre des réfugiés et des habitants. CALICO un projet innovant d’habitat bruxellois.Calico signifie Care and Living in Community. Ce projet sera construit dans le quartier Forrest à Bruxelles. Il s’agit de 33 logements répartis en trois habitats groupés. Tous ces logements seront développés sur des terrains de Community Land Trust. Le développement de la construction sur ces terrains permet de conserver l’accessibilité de ces logements aux catégories les plusmodestes. Le projet vise à créer les conditions d’une cohabitation solidaire et intergénérationnelle .

Si cette initiative vous plait et qu’en tant que propriétaire vous vous demandez ce que vous pouvez faire de votre maison pendant une absence longue vous pouvez contacter l’association Habitat et Humanisme. Grâce au programme  » propriétaire solidaire vous pouvez confier votre bien à Habitat et Humanisme. L’association y accueillera des personnes inscrites dans la liste des demandeurs de logements et dont les ressources ne leur permettent ni d’accéder à un logement sur le marché privé ou d’obtenir un logement social. Pour plus de renseignement vous pouvez contacter l’association en utilisant le lien suivant: https://www.habitathumanisme. org/devenir-proprietaires solidaires

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