A Sevran, en Seine-Saint-Denis, une association publique, fondée en 1871 Aurore, a crée un jardin permettant de travailler et de se nourrir. Initiative intéressante mais qui questionne sur l’idée d’une société capable de fédérer autours d’un projet.

De même, les projets de requalifications des immeubles  » privatisent » les espaces en les fermant à ceux qui n’habitent pas la résidence.  Concrètement cela se traduit par des grilles, des digicodes et des interphones. C’est le cas de la résidence du gros caillou à Cergy. Pour améliorer le cadre de vie des habitants, le bailleur à mis en place deux espaces pour cultiver quelques légumes et aromates. privatisé et « verdisé ».. la résidence doit rendre les habitants plus heureux.. Je m’interroge. Quand Pangloss conseille à Candide, héros éponyme de cultiver son jardin, il lui dit de cultiver son talent. Ce talent peut passer par des activités artistiques, numérique, philosophique, culinaire, sportive mais pas nécessairement par un jardin physique. Or l’état de fatigue de nos sociétés occidentales, saturés d’information décrite par l’historien George Vigarello nous conduit à espérer et trouver refuge dans un vrai jardin.

 

La nourriture prends soudainement une place essentielle dans le projet comme si la seule activité humaine devait se centrer autours de ses besoins essentiels. Un être humain réduit à une vie nu  et dont la vie  ne mérite ou ne vaut pas la peine d’être vécut. Expression travaillé par le philosophe Walter Benjamin et réétudié par Georgio Agamben.

Le vêtement, la chaussure portée mais aussi l’entretien de l’espace intérieur et extérieur constituent également une dimension importante de la vie sociale. De même, le fait de sortir de se rencontrer vraiment, de se parler en dehors des besoins primaires appartient à la vie.

L’être humain a besoin également d’habiter dans un lieu. Or la crise et les élections municipales ont fait diminuer la production de logement en France d’après un article publié dans le journal Le Monde du 23 Décembre 2020. Sans remettre en cause la baisse, peut-être est ce l’occasion de faire du logement et d’investir ce qui existe?  Transformer et observer la manière dont les appartements sont habités et inventer une société où  individus et administrations iraient ensemble.

Un vrai projet est de réapprendre non seulement à faire pousser des légumes mais aussi à s’habiller, se cultiver et se rencontrer de manière autonome. Loin des automates et de l’intelligence artificielle, rêve de celui qui détient le pouvoir de toujours contrôler sa population.

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