éditorial Janvier 2021:

En cette nouvelle année 2021, je reprends la plume ou le clavier… loin des réseaux sociaux, facebook, twitter, instagram qui crée une forme d’illusion d’utilité et de liberté d’expression. En effet, ce qui compte c’est l’écriture et la diffusion sur différents supports. Un courrier électronique, une page que l’on imprime, un écrit sur le mur, une peinture, un son, une vidéo.

Ce journal, mensuel, court, fondé sur un éditorial constitue un journal personnel que je partage et qui peut s’alimenter, s’enrichir de contributions diverses.

Le secteur de la presse est en grandedifficulté depuis quelques années en raison de l’émergence du numérique mais aussi par une pratique lié à la baisse de la consommation de journaux. Plusieurs revues et journaux ont désormais renoncé aux formats papiers. Cela pose des questions sur la liberté d’expression. En effet, un journal quotidien ce n’est pas uniquement une information neutre. C’est aussi un style, un positionnement et un lieu intellectuel de rassemblement de plusieurs idées orienté dans une même ligne. « On se retrouve dans un journal ».

Aujourd’hui simple support d’information, le journal papier est inutile. Il permet de passer le temps en s’informant comme un billet ou une carte.

Cette feuille mensuel que je vous propose consitue mon support de réflexion et de respiration comme il a
vocation à devenir un lieu
en commun pour lecteurs et rédacteurs

                                                Anaël SAULNIER

 

 

             La feuille mensuel de Janvier 2021

                             Vie ta Ville.. Enfin!     

Une publication proposée par Anaël SAULNIER

via cambione 19 28810 Borgomezzavalle

anael.saulnier35@orange.fr

 
 
 
 

Le texte du mois:

Et si on abandonnait les robots?

La crise sanitaire est venue valoriser les métiers invisibles comme les caissiers mais aussi les livreurs ou les routiers. Ceux qui alimentent les villes. De même, les paysans, qui ne pouvaient pas se confine, ont continué à s’occuper des récoltes et des élevages pour approvisionner une autre partie de la population tenues de rester à la maison.

Pourtant le métier des caissières est menacé par les lignes de caisses automatiques qui sont progressivement installés dans les supermarchés.
N’est-il pas temps d’abandonner l’idée de se laisser guider, dominer et servir par des robots?  

 

 

éditorial Février 2021

« Normalité : de norma équerre. Se dit de ce qui est conforme à l’état le plus fréquent, le plus habituel, de ce qui n’est pas modifié par un accident, de ce qui n’a aucun caractère exceptionnel »

Il y a quelque chose que j’ai appris après un an d’une pandémie qui se poursuit. La normalité n’existe pas. C’est une illusion. La véritable normalité c’est l’adaptation au temps présent. Elle ne constitue pas un retour à la vie d’avant ou à un désir de vie d’après. Depuis un an, un événement brutal a changé notre manière de vivre : Fin des activités collectives comme le sport collectif, la danse ou la musique. Travail à distance. Vélo considéré comme un geste barrière et multiplication de pistes cyclables pour désengorger les transports en communs, fermeture des théâtres, des cinémas, des musées, mesures de quarantaines pour les livres dans les bibliothèques, fermetures des remontées mécaniques dans les stations de montagne.. La liste des changements est longue et déstabilisante.

Néanmoins la normalité évolue depuis longtemps tous les ans depuis notre naissance. Chaque année, chaque être humain prends un an de plus. Les entreprises proposent de nouveaux produits et de nouvelles innovations. En quelques années, les hommes sont passés de la cassette vidéo sur un magnétoscope au lecteur dvd et à la dématérialisation du film. Un virus n’a pas modifié les modes de vie mais il amplifie simplement une loi économique constante. L’innovation.

Doit-on cependant s’habituer à toutes les nouvelles normalités du temps présent ? Le changement climatique devient-il une réalité auquel les habitants de la terre sont contraints de s’habituer ou faut-il lutter contre le changement climatique en le ralentissant ? Nouvelle normalité ou penser la normalité d’avant, la normalité de l’après ?

La focalisation des Hommes sur un virus, créatrice de nouvelles habitudes de vie, semble les détourner d’une anormalité climatique qui devient progressivement une norme, le réchauffement du climat. Les restrictions imposées pour des motifs sanitaires apparaissent de plus en plus lassantes, d’autant qu’elles viennent de préconisation d’experts sans qu’un débat démocratique ait eu lieu dans la société. Comment une société peut-elle vivre avec un risque ? Est ce que ce n’est pas une discussion collective à avoir collectivement sans attendre que le risque se produise ?

L’ environnement change mais les hommes veulent vivre après comme avant.

Vie ta Ville ... Enfin! Février 2021

Emancipons-nous !



«  C’est dur d ‘avoir vingt ans en 2020 »  dit le président de la république a propos des jeunes née en 2000..  Vingt ans comme l’âge auquel Edmond Dantès, le héros du roman d’Alexandre Dumas le Comte de Monte-Cristo  a été enfermé pendant vingt ans dans la prison du Château d’If.  Pendant vingt ans, l’attente, le désir de mourir et l’apprentissage avec Faria vont transformer le jeune marin en un homme nouveau, cultivé et endurci par la vie.  La vie est dure mais faites d’épreuves, elles transforment, crée de l’esprit de vengeance mais aussi un Homme nouveau.

Les pierres muettes du château d’If enferment un jeune homme, le regardent et s’opposent à sa révolte stérile. Il ne peut pas les briser et ne peut pas s’enfuir. Ainsi  il s’endurcit jusqu’à devenir immobile comme elle.

Terrible et restrictive de liberté, la mesure d’enfermement est-il dénué de vertu ? L’enfermement volontaire peut constituer une mesure de sagesse. En effet, elle permet à l’individu de trouver ses talents dans ses ressources intérieures  aidés par un maitre ou par son esprit.  L’architecture d’un espace peut protéger l’Homme de lui même, de l’extérieur mais aussi l’extérieur des tentations impérialistes de l’être humain.  C’est dans une forteresse entourée par les eaux qu’Edmond Dantès s’est construit. De même un moine tibétain ou un moine trappiste en Algérie s’enferme dans son monastère et se consacre à une tâche précise au service du bien commun.  La limitation, le confinement, comme mesure sanitaire, peut-il constituer une réponse au dérèglement climatique ? Une limitation décidée démocratiquement comme un acte collectif et individuel pour protéger l’environnement, autrui et soi-même.   Le propos est difficile à tenir. En effet, la prison contemporaine semble être considéré comme un lieu destructeur pour l’individu. De même, le confinement sanitaire décidée deux fois  en 2020 par les autorités sur recommandation  d’un conseil d’experts  à la grande surprise des citoyens  a été vu essentiellement comme une mesure restrictive de libertés, révoltante pour l’économie et la liberté de circuler.  Cependant ces mesures ont été disqualifiée par leur nature autoritaire et l’inégalité des conditions de vie qui empêchent personnes sans abris ou mal logés d’être protégé.   Dans son ouvrage Démocratie Confinée le professeur d’Ethique Médicale Emmanuel Hirsch revient dans ses notes depuis le début de la crise sanitaire sur l’absence de la société civile dans les décisions prises par le gouvernement pour faire face à la crise sanitaire. 

Éditorial Mars 2021

 

Quand les animaux sont malades, l’animal malade est isolé mais si trop d’animaux sont porteur du virus alors l’élevage est abattu.  Les mesures sanitaires applicables aux animaux malades s’appliquent de la même manière aux êtres humains[1].  Les épidémies animales interrogent l’élevage industriel.   Une épidémie, remettra t’elle en cause la densification des villes ?

 

Dans le cas d’une épidémie humaine, l’année 2020 a permis  à une grande partie de la population mondiale de vivre l’expérience de mesures restrictives comme le « « confinement », la distanciation sociale dans les transports en commun et dans les magasin,  et les parcours destinés à éviter les croisements appliqué à l’entrée des grands magasins et des grandes enseignes de distribution. Une épidémie qui implique un agent pathogène particulièrement contagieux nécessite, selon les épidémiologistes,  d’isoler les individus avant l’arrivée d’un traitement ou d’un vaccin. Le traitement permet de soigner les malades et le vaccin permet de prévenir en créant une immunité collective avant l’irruption de la maladie.  Le traitement d’une maladie, chez l’homme ou l’animal, se fait par un processus qui implique deux philosophies différentes. La première est préventive et la seconde réactive. Le choix de cette philosophie se fait selon la gravité de la maladie et les médicaments disponibles.  Qu’est-ce qui détermine la recherche pour le choix d’un vaccin ou d’un traitement contre une maladie ?

 

Au delà des problèmes scientifiques, il y a également derrière le traitement un choix éthique qui s’impose aux corps médical et à l’administration qui la dirige. En effet, la vaccination constitue une mesure préventive et le traitement présente une caractéristique curative. Entre ces deux traits, le corps médical ne décide pas du soin, il traite selon les moyens qui lui sont mis à disposition.  Il est soumis au choix de l’administration sanitaire qui élabore la stratégie de défense et de protection de la population.

 

Tant consommateurs, qu’usager des services publics, les habitants ne sont plus des  vraiment des Hommes mais sont dépendant de services publics et privés qui ne prennent en compte leur avis qu’en tant que consommateurs ou usagers.  On peut s’interroger sur ce que les individus ont fait à leur administration pour se retrouver traiter de la sorte ?  

 

La pandémie accélère aussi la pensée malthusienne[2] de l’administration vis à vis des étrangers qui continue de limiter le nombre d’entrée et découragent les personnes de déposer une demande de titre de séjour.  Récemment des étrangers ont déposé un recours devant le tribunal administratif de Paris pour que soit ordonné à la préfecture de police la mis à jour de la plateforme de rendez-vous[3].  Est ce qu’une politique d’aménagement du territoire ne permettrait pas de penser une administration accueillante ? Est ce que certains villages, certains agriculteurs ne trouveraient pas une possibilité de transmission de leurs fermes à des personnes étrangères en recherche d’emplois et de logement. Dans la région autonome de trente en Italie, une personne réfugiée éthiopienne vivait heureuse Agitu Gudeta à Frassilongo. Elle allait avoir 43 ans et s’était donné pour mission de sauver de l’extinction une race de chèvre.  Doit-on penser que l’homme est nécessairement mauvais ou est ce la société organisée qui le décourage et inflige chez lui une forme de ressentiment ?



[1] Grippe aviaire, le modèle industriel responsable mais pas coupable ? Bertrand  Gaufryau. In La Terre, le magazine du vivant, Mars 2021.

[2] Malthus. Economiste né  en 1766 et mort en 1834 et dont le nom a donné Malthusianisme en relation à l’une de ses théories. La «  population progresse plus vite que les subsistances ce qui engendre un déséquilibre croissant ! ». Source site internet du ministère français de l’économie.,

[3]  Le Figaro 10 Décembre 2020.  La direction des étrangers estime que les étrangers confondent la dématérialisation et la prise de rendez-vous !

Vie ta ville ... enfin!
émancipons-nous.

 

A Ulm,  ville du Baden-Wurttemberg, l’administration a eu une idée pour les sans abris.

Il s’agit de boite à sommeil (Die Schlafkapseln) appelé Ulmer Nester qui permettent aux sans abris qui ne souhaiteraient pas aller en centre d’hébergement de se protéger du froid.  Ces boites sont appelés «  nid d’Ulm »  Nest vient du verbe nehmen qui signifie prendre, saisir, s’emparer.  Elles ont été testé au cours de l’année 2019-2020 et ont été apprécié par les habitants et leurs utilisateurs.

L’idée est originale comme hébergement temporaire. Elle est un moyen de rendre la ville un peu plus accueillante. En effet, la ville peut accueillir pendant la journée grâce aux bibliothèques municipales, aux parcs, jardin, voir également aux centres commerciaux qui deviennent des abris où tout individu peut se retrouver sans consommer.  Or la nuit la ville se referme, les jardins, les bibliothèques, les centres commerciaux et les églises. Il reste la nuit à attendre. Trouver une petite boite où se mettre devient un petit oasis, un nid où se mettre et dormir pendant que la ville s’endort.  L’histoire de ces petites boites ressemble à une sorte de fable.  Pendant que la ville s’endort, le sans abri trouve lui aussi un coin pour dormir

Malheureusement c’est aussi une petite boite administrative. Un mécanisme mis en place par le service social de la ville de Ulm, selon le site internet de la ville.  La boite permet d’aménager la ville proprement, de règlementer l’espace public en prévoyant également pour celui qui se trouve en marge, un lieu où dormir et se reposer.  Le terme de Nest vient du verbe aus nehmen qui signifie « dénicher les oiseaux », les tirer du nid. La boite vise à sortir les sans abris de la rue et de les mettre dans un endroit acceptable pour la ville, y compris les plus récalcitrant. Poésie du rangement… Une mesure de prévention qui polisse la ville, nettoie la ville de ses friches humaines. 

 

Plus esthétique, l’artiste Krzysztof Wodiczko a imaginé des Homeless Vehicle Project, 1988.   Il est regrettable que la forme de ces Ulmer nest n’ait pas été pensée.

 

 De même, en 1945, Jean Prouvé avait imaginé des pavillons préfabriqués avec un système rapide d’installation. Cette installation était loin de l’idée d’être installé durablement comme une tiny house ou une yourte qui accueillerait un individu  qui souhaite habiter dans une structure plus légère sur le long terme.

 

Une ville qui considère qu’il n’est plus temps de laisser les squats se développer. Une ville où la fabrication et la rénovation de la maison est laissée à des spécialistes télécommandée par des salariés de grands groupes dans des bureaux. Est-ce  la ville du futur ?    

 

Cette année le sénat a  examiné une proposition de loi qui crée un «  délit autonome pour occupation frauduleuse d’immeuble ».  Les sénateurs réagissent encore une fois à l’actualité qui a relaté la difficulté pour les propriétaires d’immeuble squattés  de faire expulser des occupants illégaux de leurs logements. A Paris,  l’occupation du restaurant le Petit Cambodge dans le XI éme arrondissement par un collectif critiquant la gentrification a fait réagir les élus de la ville de Paris.

 

Le législateur, l’administration réagit davantage à la ville qui déborde, aux désordres et laisse la ville qui fonctionne, se dérouler. Ainsi Face à l’augmentation du nombre de sdf, de friches, de locations touristique, le législateur préfère règlementer et remettre les individus à leurs places en réagissant par voie de décrets et d’arrêté. Or le squat peut aussi constituer une réponse humaine et urbaine et rurale à l’inhabité temporaire ou permanent. Il montre que  certaines réponses ne se trouvent pas nécessairement dans la création d’un mécanisme économique.  Un lieu où celui qui arrive dans la ville peut trouver un refuge et celui qui a besoin de retrouver un esprit collectif peut se réinsérer dans la ville.

Editorial Avril 2021:

Retour du travail normal ou revenu universel ?   Depuis un an, l’activité salariée n’est plus identique. En particulier pour les emplois qui peuvent s’effectuer à distance grâce à un ordinateur et à une connexion internet. L’employé ou le cadre qui travaille pour une société d’assurance ou une banque habituellement sur le site de la Défense en région Ile-de-France a eu la chance de changer ses habitudes de travail quotidienne. D’autres emplois comme les soignants, les médecins, les employés de la grande distribution alimentaires, les conducteurs de trains et de bus n’ont pas vus, mis à part le port du masque et le respect des gestes barrières des changements dans leurs pratiques professionnelles.

Cependant toutes les professions sont touchées par un phénomène qui imprègne le travail et l’exercice d’une activité : le digital. Ainsi les employés des bureaux disposent de fichiers informatiques dans lesquels sont répertoriés les clients de l’entreprise. Le contrat qui relie le client à l’entreprise est entièrement digitalisé et l’employé n’est pas responsable du contenu du contrat. Il n’en assure que la souscription et l’exécution. Ainsi l’employé qui autrefois devait savoir compter et bien rédiger se trouve encadré par un système informatique qui facilite la gestion par l’entreprise de sa productivité. Cet encadrement ne touche pas uniquement l’employé de bureaux. En effet, ils concernent également des emplois dont les conditions ont été moins bouleversé par l’émergence du travail à domicile. Ainsi l’employé de la grande distribution alimentaire reçoit des produits fabriqués, qu’il place en rayon et assure l’enregistrement et l’encaissement des produits grâce à une série d’ordinateurs. De même, le contrôleur de train ne fait plus le même geste de poinçonnage. Il contrôle à l’aide d’un téléphone intelligent, les passagers d’un train et enregistre leurs billets à l’aide d’un laser. Le guichetier, qui vend les billets de trains, utilise les mêmes outils de ventes des billets que l’usager qui achètent son billet sur le site internet du transporteur. Ainsi les employés de bureaux, les employés de la grande distribution alimentaire ou de la vente de vêtements travaillent pour de grandes entreprises. Cet emploi est important pour assurer leur revenus quotidiens, leur revenus indirect (cotisation assurance retraite, maladie, chômage et prévoyance) car seul, à moins de générer un flux de ventes de produits manufacturiers ou de services important, ils ne pourraient pas avoir ce salaire direct et indirect. Cependant l’activité devient moins intéressante. Pour y remédier, l’idée du revenu universel a été lancée depuis quelques années. Le philosophe, Bernard Stiegler, décédé au cours de l’année 2020 en a fait le pilier d’une bifurcation nécessaire des sociétés humaines[1]. Martin Hirsch, ancien haut commissaire aux solidarités actives, créateur du revenu de solidarité active considère que cette création n’est pas achevée et doit interroger un futur revenu universel[2]. Cette idée vise principalement à lutter contre la pauvreté. Toutefois elle possèderait d’autres vertus elle permettrait de libérer du travail salarié en émancipant les individus. Néanmoins cette idée, dont l’origine vient des philosophes, des universitaires et de hauts fonctionnaires, porte en elle-même la considération que la majorité du travail humain est inutile. La mis en place du revenu universel n’implique t’il pas préalablement de repenser la dimension de l’école comme lieu de découverte par chaque individu de son talent et d’organiser l’abandon de la machine digitale comme remplacement du travail humain ?

[1] Bifurquer, l’absolu nécessité sous la direction de Bernard Stiegler avec le collectif internation, les liens qui libérent, 2020

[2] Comment j’ai tué son père, Martin Hirsch, Stock, 2019.

Vie ta Ville, enfin ! Emancipons-nous!

Métiers d’autrefois, Métiers de demain ?

 

Essentiels, ce mot a été employé a plusieurs reprises au cours de l’année 2020. Cette formule administrative et maladroite a constitué une source de frustration pour de nombreux métiers (restaurateurs, acteurs, comédiens, intermittent du spectacle, serveurs …)

 

Pourtant villes et villages ont besoin de leurs habitants pour vivre  et non pas uniquement pour consommer. Or des métiers ont été confisqués par une sorte opération de salubrieté de la ville. Les collectivités territoriales assurent le nettoyage des rues, elles viennent retirer les poubelles. Pour cela, les villes peuvent y procéder directement en constituant des régies mais elles peuvent aussi déléguer le nettoyage de la ville à des sociétés spécialisée. C’est ainsi que sont nés, Veolia environnement, pour le traitement des déchets[1]. L’habitant de la ville et du village ne peut alors prendre qu’une place secondaire car la ville est déjà organisée. Sans domicile, il est un touriste ou un sans abri. Avec un domicile, il doit vivre dans la ville et son travail ne sera peut être pas relié à la vie urbaine. Dans la ville il travaillera grâce au numérique pour une ville située dans une autre région, voir pour un autre continent. La ville attire des personnes extérieures pour assurer ses besoins et les personnes, ressortissante à la ville travaillent pour des entreprises qui n’ont pas forcément de rapport avec ses besoins. L’entreprise implantée dans la ville occupe les habitants de la ville.   Il est presque interdit à l’habitant de travailler pour sa ville ou de s’occuper de son immeuble. Le locataire d’un appartement doit faire appel à son bailleur qui fera intervenir une entreprise pour réparer ou nettoyer les parties communes. Il en est de même pour le copropriétaire. Il peut juste signaler un dysfonctionnement mais la réparation de celui-ci ne lui appartient pas. En effet, la mairie, le bailleur, le syndic de copropriété répondront que l’organisation est ainsi faite et que personne ne peut venir être remplacé dans son métier.

 

Autrefois la ville voyait défiler de nombreux métiers. Il y avait le vitrier qui portait ses vitres sur son dos mais aussi l’aiguiseur de couteaux qui appelait les habitants d’un îlot à son passage. Les forains proposaient leur fond de commerces en circulant de villes en villes. L’écrivain public posait sa table au cœur du marché et proposait un service d’écriture à celui qui avait besoin d’aide pour comprendre un courrier ou rédiger une réponse à un particulier, une administration ou au service de recouvrement d’une société. Ces différents métiers s’inscrivaient néanmoins dans la dynamique d’une société marchande.

 

Est ce que l’organisation de la ville peut être différente ? Constituer d’habitants artisans qui viendraient entretenir la ville grâce à leurs connaissances sans rien demander en échange. Une ville faites sans échange financier et sans échanges de biens et de services simultanée (donc pas un retour au troc) mais animée par une dynamique bienveillante, apprenante et enrichissante.

[1] Veolia environnement est née de la diversification de la Société Lyonnaise des Eaux et de la Compagnie Générale des eaux (CGE) dans le secteur du chauffage urbain et des déchets ménagers. Economie des déchets, une approche institutionnaliste, Sylvie Lupton, De Boeck supérieur.

 

 

 

 

Editorial Mai 2021:

 

Mai 2021.. le début d’un retour à la liberté ? Réouverture des commerces non essentiels le 19 mai mais aussi des terrasses. Une réouverture par étapes, progressivement.   Un retour de la liberté pour certains,  l’absence de changement pour les autres. Un retour à la liberté attendue  car certains rêvent de pouvoir revivre comme si rien ne s’était passé.   Certains évoquent ce retour à la liberté comme la fin d’une parenthèse.  Retourner boire un verre de vin en terrasse, un café, ou une bière après de long mois passés à siroter cette boisson sur la terrasse privative d’un appartement ou dans un jardin privatif.  Revivre comme si de rien n’était apparaît aussi absurde que de s’habituer à utiliser le masque au quotidien comme certains pensent  devoir  de le faire dans les transports en commun. En effet, certains médecins mais aussi personnes de la société civile estiment que le lavage des mains et le port du masque a permis de réduire considérablement l’exposition à certaines maladies[1] .. Certains estiment que  le moment n’est rien et que retrouver les bars, les restaurants, les terrasses est essentiels. D’autres considèrent comme essentiels de maintenir les mesures d’hygiènes.   Les spécialistes, médecins, certains journalistes… Certains français disent refuser de sortir de leur « cocons » tant qu’ils ne seront pas vaccinés[2]. Ainsi un certains mondes retrouvera les magasins et les terrasses en oubliant et un autre monde continuera de garder un pouvoir acquis depuis le début de la pandémie.  Scientifique, médecins et la tyrannie de l’information dramatique ont pris les humains à la gorge.  L’urgence sanitaire, écologique et économique s’est emparée des êtres humains.  Ces différentes urgences impliquent de préserver différents intérêts contradictoires. Ainsi une crise sanitaire implique de protéger la vie.  Une crise économique incite à préserver l’emploi et une crise écologique nous interroge sur la préservation de la planète.    Ces différents enjeux interrogent.   Pas de travail sans  une bonne santé mais également une impossibilité de soigner si absence de travail. Que deviendront les hommes si subitement la planète meurt ?  Étrangement, le slogan des marches sur le climat et des gilets jaunes se rejoint. 

La complexité de ses questions tend à vouloir laisser la parole aux experts et aux politiques.  La peur entraîne un abandon dans les experts médicaux et scientifiques…  N’est il pas temps de retrouver le sens du temps long et de débattre en commun non pas de petites idées mais de projets sur le long terme ?   

 


[1] Les échos vendredi 7 et 8 mai 2021.

[2] Le Monde

Vie ta Ville ... Enfin!

Emancipons-nous !

 

 

 Librement les habitants de la ville s’installaient et construisaient la ville là où ils étaient arrivés.   Sur la colline de la Croix-rousse, les canuts étaient fiers de vivre pour travailler.

 

Les canuts étaient le nom des ouvriers spécialisé dans le tissage, présent dans la région lyonnaise.  Leur devise «  vivre en travaillant ou mourir en combattant » résonne encore au XXI éme siècle dans une époque    la désindustrialisation est visible sur de nombreux territoires.  Une époque où l’intelligence artificielle vient modifier le travail.  Une époque où la tentation de faire prévaloir un enjeux 

 

De l’autre côté de la presqu’Ile, profitant de la confluence dur Rhône et de la Saône, les industrie s’étaient établi.

 

Aujourd’hui  un musée et un aquarium ont été installés. Un nouveau quartier est né du côté de Confluence, propre. Construit par des promoteurs immobiliers. L’architecture du quartier confluence est remarquable mais marque une différence en face des rues étroites du quartier de la croix-rousse ou du quartier saint Jean.

 

La ville ancienne est surplombée par la ville nouvelle. Elle vient ainsi se placer sous la couche de la ville moderne décidée par le pouvoir politique et économique. Les habitants profitent  d’une ville moderne en achetant et en louant des logements meublés à des touristes venus découvrir la ville.

L’histoire contemporaine d’un lieu dépossède les habitants d’une ville de leur passé  et leur enlève leur avenir. Cependant certains événements comme les attentats de 2015 à Paris donnent l’occasion aux habitants de la ville de se réapproprier des lieux symbolique après des événements tragiques comme les attentats de la salle de concert du Bataclan en Décembre 2015. Dans sa leçon inaugurale au Collège de France l’historien Patrick Boucheron parle de la ville comme d’une «  manière de rendre le passé habitable et de cojoindre sous nos pas ces fragments épars »[1]



[1] Ce que peut l’histoire, Patrick Boucheron, points, Octobre 2020.

Editorial Juin 2021:

Un lieu trop grand s’adapte à la taille de son hôte. En effet, l’espace sans être touché se repositionne pour le géant. A l’inverse, un espace petit devient également habitable pour un deux personnes. Le sujet n’est pas à proprement parler la taille de l’espace mais la pensée, la fonction et l’adaptation  dont font preuve les habitants à l’espace.

La ville ne laisse pas suffisamment la place à une adaptation par ses habitants.   Toute ville apporte  certaines activités mais  s’assimile à une sorte de gigantesque prison en donnant des fonctions à chaque lieu. De plus, la ville est composée de différentes strates humaines liées à son histoire qui rends impossible la destruction totale de l’habitation précédente.  Les habitants doivent composer  avec ce bâti qui perds sa première fonction et trouvent un autre sens au contact d’étrangers. Ces strates s’imposent à l’habitant et ce dernier  compose avec son existence. De même, la ville possède des géographies particulières auquel l’architecture s’adapte et automatiquement l’habitant s’adapte. A Paris, le quartier   Montmartre construit sur des carrières de Gypse fragilise les fondations des habitations et peut provoquer des fissures sur les adaptations existantes. Les habitants doivent vivre avec un terrain en mouvement. De même, la colline de la croix rousse à Lyon  implique pour ses habitants de vivre avec sa géographie particulière qui rend les rues étroites. Les cours des immeubles peuvent être traversés pour passer d’un îlot à un autre. Ainsi l’habitant cohabite avec le passant, celui qui vient faire son marché, se promener ou se rendre dans un café ou un des nombreux théâtres qui a trouve refuge dans le quartier. L’habitant de la colline doit ainsi s’habituer aux montées, aux escaliers.  La vue attire les habitants des autres quartiers mais aussi les touristes qui viennent découvrir l’histoire industriel et romaine de la colline qui domine la presqu’île de Lyon.

La Croix-Rousse se trouve à l’arrière de l’hôtel de ville et  ouvre vers une autre ville de la métropole Caluire-et-Cuire.

Elle marque le début de la rencontre de la Saône et du Rhône qui arrivent respectivement des Vosges et de Genève. La Saône terminera son cours en se jetant dans le Rhône alors que la Rhône poursuit son parcours jusqu’à la mer méditerranée.

Les villes tendent soit à lutter contre leur histoire et contre leur géographie pour dominer l’aménagement. Certains projets urbains affichent une part dominante de la pensée humaine.  C’est le cas par exemple de la construction de certains quartiers comme celui de la part-dieu à Lyon .  D’autres projets,  tendent à se laisser imposer les spécificités de leurs territoires en s’adaptant aux contraintes  géographique du lieu.   Cette tendance conduit à imaginer des projets de téléphériques urbains comme celui de Grenoble ou le projet futur qui devrait relier Gerland à Francheville dans le département du Rhône. Le choix de l’aménagement est réalisé assez peu par l’habitant mais par l’administration de la ville. L’habitant devra s’adapter aux contraintes géographiques et règlementaires du lieu.  L’habitant individu voit moins l’intérêt d’un territoire.   Il vit à tels endroit alors que l’administration pense une politique par rapport à un contexte spatio-temporel invisible pour l’habitant.   La compréhension  entre les hommes, les hommes et  les géants, les hommes et l’administration se place comme une question d’ échelle.


Vie ta Ville. Enfin. Emancipons-Nous!

Amphithéâtre des trois Gaules , la ruine qui change la ville



Situé près du jardin des plantes, l’amphithéâtre des trois gaules accueille un personnage étrange. Mi homme, mi oiseaux. Son immense corps en métal et sa tête en bois sont posés sur les gradins de l’amphithéâtre. Il assiste à toutes les représentations des humains tout en restant à distance.

L’amphithéâtre a été construit sur le modèle des arènes de Nîmes. Il représente un espace de respiration sur la colline. Autrefois, dans l’arène, le gladiateur se retrouvait comme un esclave obligé d’obéir à la foule.

Aujourd’hui, le public assiste directement dans cette même arène à des spectacles de théâtre vivant.  Pour les êtres humains, l’échelle de l’amphithéâtre est disproportionnée et seul l’Animal s’ y adapte. On dirait que les hommes ont découvert un ancien lieu de spectacle  sans savoir comment occuper ce lieu. Naguère les spectacles étaient gigantesques. Aujourd’hui les hommes ressemblent à des souris, ils adaptent leurs pratiques à l’immensité de certains espaces. Les gradins désormais leurs servent de décors. Elles aussi peuvent servir de vestiaire pour les comédiens. A  chaque représentation, le public étant tellement proche de la scène et de ses protagonistes que  la communication en devient plus aisé.


L’amphithéâtre en plein air, intégré à la ville, mets en scène  à travers la représentation une participation possible des habitants à la vie urbaine. En étant posé là le théâtre change la vie de la ville puisqu’il invite les habitants à vivre temporairement une expérience nouvelle.

La fonction artistique de l’Animal est de  rappeler aux hommes sa présence et  de nous y  inviter afin d’en faire un lieu vivant qui réanime la cité

L'Animal, oeuvre de Belonie OUIZ, Lyon. Photo de Marie Bidorini

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