Chroniques constitutionnelles et politiques

En entrant en société les Hommes cherchent à jouir paisiblement des droits naturelles dont il pouvait bénéficier en dehors de la société. La société vient apporter aux Hommes une sécurité qui leur permet de trouver abri, nourriture sécurité physique et sanitaire.

Une société ne possède pas forcément un caractère démocratique mais ce caractère constitue une des garanties supplémentaires qui peut justifier l’entrée des Hommes et le maintien d’une société. Rappelons que la démocratie c’est l’exercice du gouvernement par le peuple ou indirectement par la voie de ses représentants. Une société qui assurerait aux hommes leurs besoins essentielles mais dont l’organisation serait décidé par un groupe d’individu oligarchie) ou par un seul ( monarchie) n’est pas démocratique mais reste une société. La Chine possède une société mais son organisation ne possède pas un caractère démocratique. C’est pourquoi lorsque une crise sanitaire se déclenche son autorité peut interdire de manière absolue aux habitants d’une ville de sortir de chez eux. En France, le lien entre démocratie et libertés publique a été lié et conditionné par l’article 16 de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789. La société garantie l’exercice des libertés mais la gouvernance du pays est décidé par les représentants élus du peuple qui permet de préserver l’exercice des libertés.

La liberté constitue l’espace d’autonomie attribué à l’individu dans la société. Elle porte sur sa vie privé mais aussi sur ses interactions avec le monde extérieur. Le droit de vote, la liberté de se réunir, la liberté de circuler relèvent des libertés publiques alors que l’orientation sexuelle ou les convictions religieuses font partie de la sphère personnelle de l’individu et appartiennent aux libertés civiles. La vie d’une société peut être marqué par des événements qui affecte son organisation. Ainsi les mouvements de violence dans les banlieues françaises en 2005 ou le terrorisme révolutionnaire des  » brigades rouges » en Italie portent atteinte à la sécurité des membres de la société. Une maladie contagieuse crée aussi une situation de trouble et peut empêcher les membres de la société de se faire soigner si les capacités hospitalières sont débordés. Un excès de malades ou un excès de violence peut conduire une société à réagir de façon brutale et à porter atteinte aux libertés individuelles pour des motifs justifiées mais qui peuvent laisser interrogateurs sur le fonctionnement d’une société.

Comment une société démocratique peut elle continuer à garantir son fonctionnement ainsi que les droits des individus en période de crise sanitaire?

Le trouble à l’ordre public comme des violences ou un désordre provoqué par un ouragan provoque une peur. La peur suscite le besoin pour les membres de la société de trouver un sauveur et souvent le représentant élu démocratiquement ou non se pose comme le recours. En France, ce fut le cas pour le président Sarkosy dans la crise financière de 2008 mais aussi pour François Hollande après les attentats terroristes en 2015 ( Janvier 2015 Charlie hebdo et les attentats du bataclan en Décembre 2015). On a vu par exemple le président chinois rendre visite aux habitants de Wuhan confiné et saluer la population en portant masque et en affichant l’action du pouvoir qui était absent et critiqué au début de l’épidémie. Cette réaction est aussi disproportionnée que la peur que provoque le trouble.

Or une société où le pouvoir émane du peuple ne peut trouver des réponses à la crise qu’en se mettant en face de la menace grâce à une information complète. En n’informant peu sur l’épidémie,et n’agissant de façon ferme ensuite, la Chine a montré ce qu’une société non démocratique peut réaliser pour protéger. Toutefois, en France, les représentants ont minimisé la maladie et n’ont apporté qu’une information limité avant de déclencher des mesures radicales comme la fermeture des écoles, puis la fermeture des commerces non essentielle et le confinement générale. En outre le confinement est une mesure préventive et ne reposant pas sur des informations objectives. En effet, les représentants ne connaissent pas le nombre de personnes porteurs de la maladie en l’absence de test réalisé pour le moment. Ainsi chaque membre de la société française est présumé porter la maladie et la faire circuler. Le principe de précaution qui a été introduit en 2005 dans la constitution a justifié la mis en oeuvre d’une mesure portant atteinte aux libertés individuelles. Cette ignorance que reconnait le gouvernement mais aussi les scientifiques se traduit par une limitation des interactions et de ce qui constitue la vie en société au lieu d’une véritable résilience, c’est à dire d’une attitude de résistance qui impliquerait de vivre avec le risque.

Le confinement évite de poser une véritable stratégie de résistance complète. Il constitue la seule réponse à l’impossibilité de produire des masques en quantité suffisantes pour protéger les membres de la société. De même il est la seule réponse à un ennemie invisible que les êtres humains transporteraient sans le savoir mais qui pourrait se résoudre par le diagnostic de la population.

En conclusion, la gestion d’une crise, d’un trouble touche les fondements de l’organisation d’une société. Il n’est pas facile d’avoir l’habitude de se rencontrer, de serrer des mains ou de s’embrasser et de passer subitement une distanciation sociale fondée sur une peur, un simple soupçon. Afin de résoudre une crise une société peut passer par une limitation des libertés individuelles mais cette limitation doit être contenue et doit le plus rapidement possible grâce à la connaissance approfondie de la menace trouver les protections adéquats permettant aux individus de retrouver l’exercice des libertés.

La crise sanitaire lié à l’épidémie de Covid 19 provoque un ralentissement de la production et un quasi arrêt de l’économie du fait des mesures de confinement prises par les gouvernement européen sur le modèle chinois où l’épidémie a commencé.

Le confinement rends les villes européenne désertiques et voit la pollution diminué dans les airs comme dans les eaux. A Venise, l’eau des canaux s’est éclaircie. En Sardaigne, quelques dauphins n’hésitent plus à s’approcher des côtes. A Paris, les oiseaux qui étaient déjà là se font entendre.  Confiné chez eux et autorisé à sortir dans un rayon de 1 km les français comme les Italiens ou les espagnols ne peuvent faire leur course que dans leur quartier. Une autre échelle s’applique à la majorité des habitants et les déplacements longs ne sont possible que pour un nombre limité de personnes exerçant des métiers essentiels comme les chauffeurs routiers responsable de l’approvisionnement des denrées alimentaires, les médecins ou les militaires. Le local est imposé, rendu obligatoire et les déplacements interdits. Cette situation exceptionnelle aura t’elle un effet sur les habitudes au point d’imposer le local dans la pratique habitantes?  Cela pourrait constituer un effet positif de cette crise, qui se traduirait au niveau national et européen par des relocalisation de la production de marchandises.

Cette situation de crise est aussi l’occasion pour le gouvernement de tester de nouveaux moyens de contrôle des populations. En confinant les populations les gouvernement généralisent les pratiques du télétravail ou les cours en ligne dans les universités ou dans les écoles.  C’est l’occasion pour des gouvernements qui croit dans la digitalisation de l’économie d’accélérer ce processus.

A nouveau je cite ces quelques lignes du philosophe italien Georgio Agamben publié dans le Monde le 22 mars 2020:

« Tout comme les guerres ont laissé en héritage à la paix une série de technologies néfastes, il est bien probable que l’on cherchera à continuer après la fin de l’urgence sanitaire les expériences que les gouvernements n’avaient pas encore réussi à réaliser : que l’on ferme les universités et que les cours se fassent en ligne, que l’on cesse une fois pour toutes de se réunir pour parler des questions politiques ou culturelles et qu’on échange uniquement des messages digitaux, et que partout il soit possible que les machines remplacent tout contact, toute contagion, entre les humains. »

Ces propos rejoignent ceux de l’éditorialiste de France Inter le 23 mars 2020, Thomas Legrand qui s’inquiètent de mesures issus de l’état d’urgence qui traverseraient l’état d’exception et viendrait s’inscrire dans le droit commun.

Vigilance donc.

En France, la crise sanitaire modifie le fonctionnement de nos institutions. La cinquième république fonctionne toujours mais  comme une république en crise. Après l’Etat d’urgence lié au terrorisme, c’est un état d’urgence sanitaire qui se déploie. 

Le gouvernement a déposé un projet de loi déclarant l’état d’urgence sanitaire le 22 mars 2020 et autorise le gouvernement à légiférer par ordonnance. L’état d’urgence  doit durer deux mois et peut être prorogé un mois supplémentaire mais doit être autorisé par le parlement et après avis d’un comité scientifique.

Sur le territoire où l’état d’urgence sanitaire est déclaré le premier ministre peut par décret  » restreindre ou interdire la circulation des personnes et des véhicules ; interdire aux personnes de sortir de leur domicile, sous réserve des déplacements strictement indispensables aux besoins familiaux ou de santé ; ordonner des mesures ayant pour objet la mise en quarantaine des personnes susceptibles d’être infectées ; ordonner des mesures de placement et de maintien en isolement des personnes infectées ; ordonner la fermeture provisoire d’une ou plusieurs catégories d’établissements recevant du public ainsi que des lieux de réunion, à l’exception des établissements fournissant des biens ou des services de première nécessité ; limiter ou interdire les rassemblements sur la voie publique ainsi que les réunions de toute nature ; ordonner la réquisition de tous biens et services nécessaires à la lutte contre la catastrophe sanitaire ; prendre des mesures temporaires de contrôle des prix de certains produits rendues nécessaires pour prévenir ou corriger les tensions constatées sur le marché de ces produits ; prendre toute mesure permettant la mise à disposition des patients de médicaments appropriés pour l’éradication de la catastrophe sanitaire ; prendre par décret toute autre mesure réglementaire limitant la liberté d’entreprendre« 

Si le parlement continue de se réunir la mission du parlement s’appuie sur un comité scientifique qui formule des avis.   Le 23 mars 2020 le président de la république installera un second comité de scientique appelé Comité Analyse Recherche et Expertise (CARE) présidé par Françoise BARRE SINOUSSI, virologiste à l’Institut Pasteur INSERM. Ce comité doit conseiller le gouvernement sur les traitements, les test et les pratiques de backtracking qui permet d’identifier les personnes en contact avec les personnes infecté par le virus.

A chaque crise, les gouvernements oublient le citoyen et s’appuient sur des experts. En 2011, la présidence de Nicolas Sarkosy s’appuyaient sur des experts économistes et monétaire pour traiter les questions budgétaire.  En 2015, des experts en sécurité conseillait François Hollande. Aujourd’hui ce sont des médecins, chercheurs et infectiologue. Le simple citoyen semble appelé à subir les événement, les recommandations des experts et leur mis en oeuvre par les gouvernement. Appelé à faire des sacrifices financier ou à rester confiné chez lui pour se protéger et protéger les autres d’une contamination.

Le philosophe italien Georgio Agamben décrit dans le monde dâté du 23 mars 2020 un scénario inquiétant d’une démocratie européenne qui se protège et perds toutes relation à l’autre.

« Il y a eu en Europe des épidémies bien plus graves, mais personne n’avait pensé pour cela à déclarer un état d’exception comme celui qui, en Italie et en France, nous empêche pratiquement de vivre. Si l’on tient compte du fait que la maladie n’a touché pour l’instant en Italie que moins de l’un sur mille de la population, on se demande ce que l’on ferait si l’épidémie devait vraiment s’aggraver. La peur est une mauvaise conseillère et je ne crois pas que transformer le pays en un pays pestiféré, où chacun regarde l’autre comme une occasion de contagion, soit vraiment la bonne solution. La fausse logique est toujours la même : comme face au terrorisme on affirmait qu’il fallait supprimer la liberté pour la défendre, de même on nous dit qu’il faut suspendre la vie pour la protéger. »

Alors que le citoyen devrait être au centre de nos démocratie, il se déporte et devient un agent, un pion que le pouvoir contrôle et manipule. 

 

 

Après la Chine  et la ville de Wuhan totalement  » confiné », l’Europe nouveau foyer de l’épidémie de coronavirus mets en place selon les pays des mesures de confinement. L’Italie, l’Espagne et la France ont invités leurs population à rester  » chez eux  » et autoriser de manière exceptionnelle les sorties. Rarement en Europe de telles mesures ont été appliqués et elles ont été rendu nécessaire pour éviter aux hôpitaux et centre de santé de se retrouver submerger.  Après la Chine, l’Europe prends des visages surprenant. Certains médecins voudraient aller plus loin et interdire de manière absolu les sorties du domicile. Ils ont saisit pour cela le juge des référé estimant que le droit à la vie imposait une privation totale de liberté.

Turin confiné, Mars 2020

Dans une ordonnance rendu le 22 mars 2020 n° 439674 le Conseil d’Etat français rejeté la demande de confinement  » total et absolu  » de la population française pour enrayer l’épidémie.

Depuis le mardi 17 mars 2020 les français sont invités à rester confinés chez eux et ne sont invités à sortir que pour les motifs suivants:

  • déplacements entre le domicile et le lieu d’exercice de l’activité professionnelle,
    lorsqu’ils sont indispensables à l’exercice d’activités ne pouvant être organisées
    sous forme de télétravail (sur justificatif permanent) ou déplacements
    professionnels ne pouvant être différés ;
  • déplacements pour effectuer des achats de première nécessité dans des
    établissements autorisés (liste sur gouvernement.fr) ;
  • déplacements pour motif de santé ;
  • déplacements pour motif familial impérieux, pour l’assistance aux personnes
    vulnérables ou la garde d’enfants ;
  • déplacements brefs, à proximité du domicile, liés à l’activité physique individuelle
    des personnes, à l’exclusion de toute pratique sportive collective, et aux besoins
    des animaux de compagnie.   ( Source: Site internet du Ministère de l’intérieur)

 

Le syndicat des jeunes internes en médecine demandaient que soit enjoint au gouvernement d’interdire à la population de sortir sauf  » motif médical »,  d’arrêter les activités professionnelles non vitale ( sauf alimentaire, énergie, domaine non régalien), l’instauration d’un ravitaillement de la population dans des conditions visant à assurer la sécurité sanitaire des personnes chargé de ce ravitaillement.

Le Conseil d’Etat a rejeté la demande de ce syndicat estimant que les pouvoir public locaux pouvaient prendre des mesures supplémentaires pour renforcer le confinement si cela est nécessaire. En outre, le Conseil d’Etat estime également que l’arrêt totale du pays n’est pas approprié dans la mesure où le pays doit fonctionner au minimum pour permettre aux secteurs vitaux de fonctionner:

« En outre, l’activité indispensable des personnels de santé ou aidants, des services de sécurité de l’exploitation des réseaux, ou encore des personnes participant à la production et à la distribution de l’alimentation rend nécessaire le maintien en fonctionnement, avec des cadences adaptées, des transports en commun, dont l’utilisation est restreinte aux occurrences énumérées par le décret du 16 mars 2020. Par ailleurs, la poursuite de ces diverses activités vitales dans des conditions de fonctionnement optimales est elle-même tributaire de l’activité d’autres secteurs ou professionnels qui directement ou indirectement leur sont indispensables, qu’il n’apparaît ainsi pas possible d’interrompre totalement »

Toutefois le gouvernement a été invité à préciser certaines dispositions  comme la portée des dérogations au confinement pour  » raison de santé « , la  » notion de déplacement brefs à proximité du domicile  » et que les risques du maintien des marchés ouverts soient évalués compte tenu de leur taille et de leur niveau de fréquentation.

La liberté de circuler est atteinte dans ce contexte d’épidémie. Le Conseil d’Etat  a préservé cette liberté mais demandé au gouvernement de préciser les mesures de protection mis en oeuvre pour limiter la propagation du virus. La question est de renforcer les mesure existante en prolongeant le confinement mais aussi de préciser le cadre des libertés qui restent autorisé aux français.

 

Situation étrange que vit l’Italie depuis que la ligue du Nord  a quitté la coalition dirigé par Giuseppe Conte et laissé le parti Démocrate s’allier avec le mouvement cinq étoiles.  Cette coalition « jaune rouge » succèdant à la coalition  » jaune verte » a provoqué la scission d’une parti des démocrates qui ont  fondé le mouvement Italia Viva autours de Matteo Renzi.

Populiste le mouvement cinq étoiles? Le terme de populisme renvoit à un discours politique qui flatte une population et qui s’oppose à un discours de vérité. Le populisme recherche le consentement d’un électorat en flattant ses désirs.  Fort de cette définition le mouvement cinq étoile peut être qualifié de  » populiste ». En effet, il est est né d’un rejet des partis politiques traditionnels  et certaines de ses propositions comme le  » reddito di cittadinanza » ( revenu de solidarité) ou des discours ambigu sur la question de l’immigration qui lui ont permis de gouverner avec la ligue du nord. Populiste aussi concernant le fonctionnement du mouvement qui recourt largement à la démocratie direct 2.0 en faisant voter ses adhérents sur chaque position du parti. Peut on rejeter ce mouvement uniquement en raison de son populisme? Le populisme n’est il pas utilisé par l’ensemble des hommes et femmes politique? Par exemple,  le discours du Bourget de l’ancien candidat à la présidence de la république française François Hollande n’était il pas  » populiste »  quand il déclarait que son ennemi était la finance.  Néanmoins ce parti politique montre aussi sa volonté de faire de la politique différemment et de s’attaquer aux problématiques qui bloquent l’Italie depuis de nombreuses années.  La situation de sous développement du sud de l’Italie, le chômage des jeunes, la précarité, la destruction de l’environnement à travers l’exemple de la problématique des déchets .. Un mouvement qui ressemble un peu aux conditions dans lesquelles le mouvement En Marche en France est né. Résoudre les difficultés d’un pays en écoutant les propositions venus de la gauche mais aussi de la droite.  Ce positionnement perturbe les anciens partis et aussi une personnalité comme Matteo Renzi, qui après avoir été précurseur, semble rejoindre l’ancien monde politique en critiquant ouvertement le président du conseil italien à propos de la réforme de la prescription. ( réforme indispensable dans une démocratie et un état de droit) Au lieu de faire avancer le pays, l’ancien président du conseil préfére exister face à un gouvernement qui reprends son positionnement politique.

La situation est tendue en Italie avec une droite menée par la Ligue du Nord et Fratelli d’Italie qui est dans l’attente de nouvelles élections. Provoquer une crise et risquer la déstabilisation du pays n’est ce pas une sorte de pyromanie alors que l’enjeux est de faire avancer le pays sur la question notamment de la transition écologique.

La durée du mouvement de grève en France  a dépassé le mouvement de décembre 1995. La réforme des retraites constitue une nouvelle étape de transformation du travail après la loi El Khomri, les ordonnances Macron. Ce projet porte sur la fin de la carrière professionnelle. L’objectif de cette réforme est de prendre mieux en compte la diversité des parcours professionnels. Au XXI ème siècle il est devenu plus rare qu’un salarié exerce le même métier tout au long de sa carrière professionnelle. Une étude du ministère de l’emploi datant de Novembre 2018 montre que les personnes âgés entre 26 et 29 ans sont les plus nombreuses à changer de métier. La digitalisation des entreprises et de la vie quotidienne va conduire à la disparition de nombreux métiers comme les caissières mais aussi les personnes travaillant dans les agences bancaires.  Le passage d’un domaine professionnel à un autre montre qu’un  salarié ne cotise plus pour une seule caisse de retraite complémentaires mais pour plusieurs. La réforme vise à simplifier l’historisation de la carrière professionnelle  pour le salarié, pour la caisse de retraite mais aussi pour les entreprises. Néanmoins cette réforme n’apparait qu’une simplification pour l’administration et les entreprises mais ne corresponds pas aux attentes des citoyens qui semble être de plus en considéré comme des agents travailleurs exerçant un métier au bénéfice d’entreprises privés ou publique et reversant une partie de leur salaire à l’administration.  Ce système semble juste mais le sens du collectif ne se voit plus et l’individu nait, vit, se repose et meurt mais est dépassé par un Etat qui lui subsiste. Ou l’individu intervient il dans cette histoire? Le système libéral et capitaliste est il devenu une machine  administrative qui se simplifie?

La contestation autours de la réforme des retraites devrait se cristalliser autours de la reprise d’un mouvement démocratique comme l’avait préfiguré autours de la place de la république, le mouvement Nuit Debout. Les élus, l’administration, les entreprises possèdent une idée de ce qu’il faudrait faire et améliorer mais le citoyen n’est jamais considéré, ni écouté. Il doit subir et s’adapter en permanence à des mesures de simplification nouvelles qui sont inspirés par les décideurs économiques et mis en oeuvre par le pouvoir politique.

Si un mouvement comme Nuit Debout devait reprendre, aucun comité ou individu devraient prendre en main l’organisation.

Ce mouvement ne doit pas faire naitre une entreprise ou une startup.

Juste individus ensemble à parler même dans une cacophonie joyeuse.

 

 

 

 

2017 a constitué une rupture dans l’Histoire politique et constitutionnelle contemporaines.  Les institutions de la cinquième république n’ont pas évolué mais le régime politique s’est transformé. En effet,  les français continuent de vivre dans le cadre d’un gouvernement démocratique mais le pouvoir s’inscrit dans une idéologie libéral et autoritaire.

Cette transformation représente une rupture depuis l’élection de François Mitterand en 1981 dans la mesure où la droite et la gauche se partageait le pouvoir. Depuis 1981, droite et gauche se succèdent au pouvoirs, alternant entre une politique social autoritaire et conservatrice autoritaire.

Le président Emmanuel Macron s’inscrit dans un libéralisme autoritaire. Sa politique économique valorise l’individu et l’entreprise individuelle. En même temps , les politiques menées par le gouvernement nommés par le président de la république mettent l’accent sur une politique d’ordre public et de sécurité.  On le voit notamment sur la politique migratoire. Si le gouvernement valorise les entrepreneurs, ils considèrent que les migrants en situation irrégulières ne peuvent rester sur le territoire français. Une politique de souplesse pour les entreprises et les créateurs et une politique de fermeté pour ceux qui ne respectent pas les règles. Schématiquement la vision du président de la république dessine un carré dans lequel les individus sont libres mais ceux qui sont en dehors de la forme ne peuvent pas bénéficier de ce régime libéral.

Un régime entièrement libéral social a t’il été expérimenté? Liberté de circulation, liberté de création sur un territoire et imaginer une société donnerait les moyens à tous d’exercer cette liberté…

Ce jeudi 12 décembre 2019 se déroulait en Grande Bretagne les élections législatives pour élire les membres de la chambre des communes. Le parti de Boris Johnson l’a largement emporté sur les travaillistes et les libéraux démocrates. Les partisans du Brexit disposent désormais d’une large majorité au parlement britannique pour autoriser la sortie officielle de la Grande Bretagne de l’Union Européenne.

Les conservateurs (tories) obtiennent 368 sièges et les travaillistes (labour party) se retrouvent avec 191 sièges. Les conservateurs menés par Boris Johnson ont bénéficié de la division des partisans du remain (opposé au brexit) qui réunit certains travaillistes et libéraux démocrates. Suite à cette lourde défaite, le candidat des travaillistes Jeremy Corbyn a annoncé son retrait de la vie politique.

La large victoire du premier ministre conservateur sur la base d’un programme de sortie de l’Union Européenne et de reconstruction des structures de santé britannique, le NHS (National Health Service) confirme l’évolution et la décomposition du clivage politique dans les pays de l’union européenne après la France, l’Italie ou l’Espagne.  Le choix du leader du parti travailliste de ne pas remettre en cause la sortie de l’Union Européenne a coupé ce parti d’une possibilité de rassemblement des opposants britanniques  au  » brexit ». En adoptant cette ligne politique, les travaillistes se sont radicalisés et n’ont pas réussi à proposer une alternative aux conservateurs.  Contrairement à d’autre pays européens et au regret de l’ancien député travailliste Denis Macshane le Royaume Uni n’a pas vu un  mouvement qui rassemble les progressistes européens. Le choix du parti travailliste, désapprouvé par les électeurs,  amorcera t’il sa disparition ou une mutation?  Les travaillistes se marginaliseront ils dans le paysage politique britannique exactement  comme Les Républicains (LR) en France ou le parti socialiste français? En France, en  cette semaine de grève  des transports  relativement à la réforme des retraites, le  premier secrétaire du parti socialiste Olivier Faure a participé à une réunion commune à l’invitation du parti communiste réunissant le nouveau parti anticapitaliste (NPA), lutte Ouvrière ( LO) , la France Insoumise (LFI) et Europe Ecologie Les Verts (EELV) pour construire une alternative à la réforme des retraites. La décision de participer à cette réunion du premier secrétaire du parti socialiste peut surprendre et a été exprimé par Nathalie Artaud de Lutte Ouvrière. Le choix du parti socialiste de s’opposer à cette réforme peut  en effet surprendre d’autant que la mis en place d’un régime universel des retraites faisait parti du programme du parti socialiste comme le rappelle l’ancien député socialiste Gilles Savary et le président de Démocratie vivante Jacky Bontemps dans une tribune publié dans le quotidien le monde qui défends la réforme des retraites comme la  » grande affaire sociale du quinquennat »

 » Ne jouons pas les hypocrites et avouons qu’à gauche on a déjà beaucoup réfléchi à ce sujet et souvent rêvé d’un système plus juste dont la social démocratie scandinave nous offrait l’exemple éclatant« 

Certains  à l’extrême gauche et d’anciens membre du parti socialiste s’étonnent de voir le parti socialiste changer de ligne politique et adopter une attitude d’opportunité en s’opposant à cette réforme et en soutenant les grévistes. Les républicains (LR)  ne sont pas en reste de contradictions puisque ce parti, chantre de la réforme des retraite depuis le gouvernement dirigé par Edouard Balladur en 1993 s’opposent à une réforme systémique de la réforme des retraites qui selon  le président des républicains Christian Jacob permettra de diminuer le montant des pensions grâce à la détermination de la valeur du point.  Socialiste et Républicains soucieux de défendre leurs bilans passés et incapable de se projeter dans la nouvelle composition du paysage politique s’inscrivent une forme de conservatisme politique qui se rapproche pour les uns des positions de l’extrême droite et pour les autres de celle de l’extrême gauche.  Comme en Grande Bretagne, on retrouve l’influence exercé par UKIP le parti de Nigel Farage sur les tories mais aussi indirectement sur les travaillistes qui n’assument plus leurs positions européennes et progressiste.  La construction européenne offre aux progressistes une possibilité de nouvel idéal politique qui semble oublier des anciens partis traditionnelles.  Penser un Etat fédéral européen implique de dépasser les frontières nationales sur un certains nombre de domaines et malheureusement ceux qui ont pendant un temps portés cette construction semblent disparaitre du paysage politique. comme malheureusement la Grande Bretagne risque de s’effacer de l’Union européenne. 

 

 

 Il y a quelques jours l’ancien président du conseil italien Matteo Renzi annonçait sa démission du parti démocrate italien. L’ancien président du conseil en démissionnant marquait son opposition à la coalition gouvernementale formé entre le mouvement cinq étoiles et son ancien parti. 
En démissionnant, Matteo Renzi rejoint  le même démissionnaire Matteo Salvini qui pendant tout l’été 2019 a marqué sa volonté de gouverner seul sans le Mouvement cinq étoiles. Fort de son succès aux derniéres élections européennes, Matteo Salvini croit désormais qu’il peut gouverner seul sans faire de compromis.
Ayant incarné une nouvelle gauche pendant deux ans Matteo Renzi croit lui aussi qu’il peut gouverner seul  en créant son propre parti. La décision de Matteo Renzi lui fait rejoindre la liste des anciens chefs de gouvernement que l’exercice du pouvoir a rendu fou dont le dernier en date fut Manuel Valls, premier ministre de François Hollande de 2014 à 2016. 
La décision de Matteo Renzi est regrettable. En effet, l’Italie avait un temps d’avance sur la reconfiguration du paysage politique européen. Matteo Renzi incarnait le retour de la politique réaliste après un gouvernement technique dirigé par l’ancien commissaire européen en charge de la concurrence Mario Monti. En France, l’arrivé au pouvoir d’Emmanuel Macron après les échecs de la présidence Sarkosy et Hollande ressemble à une prise de pouvoir technique le temps que les partis politiques se restructurent autours des enjeux européens et écologiques et moins sur la ligne de fracture droite-gauche. Matteo Renzi qui avait réussi à faire revenir le politique sur de nouvelles bases est tombé dans les travers de l’anciens monde politique. Le débat organisé par les médias italien entre Matteo Salvini et Matteo Renzi montre la façon dont le monde médiatique  contribuent également à faire revivre l’ancien monde politique. 
 
En France, l’ancien monde politique tente lui aussi de revenir, soit à travers des méthodes de sélections venant des anciennes pratiques de la république en marche, soit par la volonté des élus territoriaux ou d’ancien élus de rester ou de revenir pour montrer que le vieux monde politique n’est pas mort. 
L’élection d’Emmanuel Macron en 2017,  la transition technique du gouverment Monti en Italie, les difficultés du parti conservateur en Angleterre empêtré dans le brexit et le discours fermé des travaillistes, l’émergence du mouvement podemos et ciudadanos en Espagne ne constituent pas uniquement un changement de génération mais une évolution d’un débat public autours d’enjeux qui dépassent les cadres nationaux comme l’écologie, la gestion des flux migratoires et une économie mondialisée.
Jacques Chirac, président de la république de Mai 1995 à Mai 2007 est décédé le 26 septembre 2019 à  l’âge de quatre vingt six ans.

De nombreuses émissions viennent rappeler l’Histoire de l’ancien président de la république, les fonctions électives qu’ils a pu exercer. ministre de l’agriculture, ministre des affaires sociales, premier ministre, maire de Paris et président de la république.

Les journalistes s’interrogent sur le mystère Jacques Chirac, sa pensée politique.

L’Historien François Cusset définit Jacques Chirac comme un Homme de droite qui fit beaucoup pour que la France restât de droite. 

 

Il est vrai que l’action de Jacques Chirac n’a pas été transformatrice de notre société. Cette photo de Jacques Chirac passant au dessus des portillons du métro pourrait symboliser celle d’un homme politique qui dépasse les frontières traditionnelles et permet de rendre la vie plus juste.

Jacques Chirac nous a quitté.. il ne nous reste plus qu’a espèrer qu’un nouveau président de la république, serait ce Emmanuel Macron, réussisse à transformer notre société pour rendre les individus plus libre, plus acteur de la vie démocratique ..

Alors le président est mort, vive le président et que vive une nouvelle démocratie.

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