En France, la crise sanitaire modifie le fonctionnement de nos institutions. La cinquième république fonctionne toujours mais  comme une république en crise. Après l’Etat d’urgence lié au terrorisme, c’est un état d’urgence sanitaire qui se déploie. 

Le gouvernement a déposé un projet de loi déclarant l’état d’urgence sanitaire le 22 mars 2020 et autorise le gouvernement à légiférer par ordonnance. L’état d’urgence  doit durer deux mois et peut être prorogé un mois supplémentaire mais doit être autorisé par le parlement et après avis d’un comité scientifique.

Sur le territoire où l’état d’urgence sanitaire est déclaré le premier ministre peut par décret  » restreindre ou interdire la circulation des personnes et des véhicules ; interdire aux personnes de sortir de leur domicile, sous réserve des déplacements strictement indispensables aux besoins familiaux ou de santé ; ordonner des mesures ayant pour objet la mise en quarantaine des personnes susceptibles d’être infectées ; ordonner des mesures de placement et de maintien en isolement des personnes infectées ; ordonner la fermeture provisoire d’une ou plusieurs catégories d’établissements recevant du public ainsi que des lieux de réunion, à l’exception des établissements fournissant des biens ou des services de première nécessité ; limiter ou interdire les rassemblements sur la voie publique ainsi que les réunions de toute nature ; ordonner la réquisition de tous biens et services nécessaires à la lutte contre la catastrophe sanitaire ; prendre des mesures temporaires de contrôle des prix de certains produits rendues nécessaires pour prévenir ou corriger les tensions constatées sur le marché de ces produits ; prendre toute mesure permettant la mise à disposition des patients de médicaments appropriés pour l’éradication de la catastrophe sanitaire ; prendre par décret toute autre mesure réglementaire limitant la liberté d’entreprendre« 

Si le parlement continue de se réunir la mission du parlement s’appuie sur un comité scientifique qui formule des avis.   Le 23 mars 2020 le président de la république installera un second comité de scientique appelé Comité Analyse Recherche et Expertise (CARE) présidé par Françoise BARRE SINOUSSI, virologiste à l’Institut Pasteur INSERM. Ce comité doit conseiller le gouvernement sur les traitements, les test et les pratiques de backtracking qui permet d’identifier les personnes en contact avec les personnes infecté par le virus.

A chaque crise, les gouvernements oublient le citoyen et s’appuient sur des experts. En 2011, la présidence de Nicolas Sarkosy s’appuyaient sur des experts économistes et monétaire pour traiter les questions budgétaire.  En 2015, des experts en sécurité conseillait François Hollande. Aujourd’hui ce sont des médecins, chercheurs et infectiologue. Le simple citoyen semble appelé à subir les événement, les recommandations des experts et leur mis en oeuvre par les gouvernement. Appelé à faire des sacrifices financier ou à rester confiné chez lui pour se protéger et protéger les autres d’une contamination.

Le philosophe italien Georgio Agamben décrit dans le monde dâté du 23 mars 2020 un scénario inquiétant d’une démocratie européenne qui se protège et perds toutes relation à l’autre.

« Il y a eu en Europe des épidémies bien plus graves, mais personne n’avait pensé pour cela à déclarer un état d’exception comme celui qui, en Italie et en France, nous empêche pratiquement de vivre. Si l’on tient compte du fait que la maladie n’a touché pour l’instant en Italie que moins de l’un sur mille de la population, on se demande ce que l’on ferait si l’épidémie devait vraiment s’aggraver. La peur est une mauvaise conseillère et je ne crois pas que transformer le pays en un pays pestiféré, où chacun regarde l’autre comme une occasion de contagion, soit vraiment la bonne solution. La fausse logique est toujours la même : comme face au terrorisme on affirmait qu’il fallait supprimer la liberté pour la défendre, de même on nous dit qu’il faut suspendre la vie pour la protéger. »

Alors que le citoyen devrait être au centre de nos démocratie, il se déporte et devient un agent, un pion que le pouvoir contrôle et manipule. 

 

 

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